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Sde Teman : après l’abandon des poursuites, des soldats de la Force 100 réclament 18 millions de shekels à l'Etat


Les plaignants affirment avoir subi de lourds préjudices dans le cadre de l’enquête ouverte à leur encontre en 2024

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Des soldats de réserve de Tsahal soupçonnés d'avoir abusé sexuellement un détenu palestinien au centre de détention de Sde Teiman assistent à une audience au tribunal militaire de Beit Lid, le 6 août 2024.
Des soldats de réserve de Tsahal soupçonnés d'avoir abusé sexuellement un détenu palestinien au centre de détention de Sde Teiman assistent à une audience au tribunal militaire de Beit Lid, le 6 août 2024.Miriam Alster/FLASH90

Trois soldats de la Force 100 ont engagé ce lundi une importante action civile devant le tribunal de district de Jérusalem, réclamant au total 18 millions de shekels de dommages et intérêts à l’État, à plusieurs responsables du parquet militaire et civil, ainsi qu’à des acteurs des médias.

Les plaignants affirment avoir subi de lourds préjudices dans le cadre de l’enquête ouverte à leur encontre en 2024, notamment en raison de soupçons qu’ils jugent infondés, de leur placement en détention, de la diffusion d’éléments de l’enquête dans les médias et de la manière dont les autorités ont ensuite traité la question de ces fuites.

L’affaire dite de Sde Teiman remonte à l’été 2024. Des réservistes de la « Force 100 », une unité chargée de la garde de détenus sécuritaires sur la base militaire de Sde Teiman, dans le sud d’Israël, avaient été soupçonnés d’avoir violemment agressé un détenu palestinien, hospitalisé avec de graves blessures.

Plusieurs soldats avaient été arrêtés, provoquant une importante polémique politique, puis une vidéo provenant des caméras de surveillance de la base avait été diffusée dans les médias.


Cinq militaires avaient finalement été inculpés en février 2025 pour violences aggravées, avant que le nouveau procureur militaire en chef, Itay Ofir, n’abandonne les poursuites en mars 2026, invoquant notamment des difficultés probatoires, le retour du détenu à Gaza et les irrégularités entourant la fuite des images.

L’affaire s’est depuis doublée d’un second volet judiciaire consacré précisément à l’origine de cette fuite et à la manière dont elle a été traitée par les autorités.

La procédure engagée vise notamment l’ancienne procureure militaire en chef Yifat Tomer-Yerushalmi, plusieurs responsables du parquet militaire et du parquet d’État, la police militaire, la police israélienne, l’État d’Israël, ainsi que le journaliste Guy Peleg et la chaîne N12.


Les trois soldats réclament différentes indemnités correspondant, selon eux, aux préjudices subis : 1,5 million de shekels au titre des soupçons d’infraction sexuelle grave, 450 000 shekels pour quinze jours de détention, 3 millions pour diffamation, 1 million pour ce qu’ils qualifient de mise en accusation abusive et 500 000 shekels en lien avec l’enquête sur les fuites.

Leur plainte retrace l’ensemble de l’affaire, depuis la diffusion d’éléments de l’enquête en août 2024 jusqu’à l’abandon des poursuites en mars 2026. Les requérants soutiennent que les investigations sur l’origine des fuites auraient été retardées et menées de manière insuffisante.

Ils accusent également plusieurs hauts responsables judiciaires d’avoir présenté à la Haute Cour des informations qu’ils considèrent comme incomplètes ou trompeuses concernant l’étendue des documents divulgués et les mesures prises pour identifier leur origine.

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La procédure pénale elle-même est également remise en cause. Les soldats affirment que leurs arguments concernant les fuites n’ont pas été correctement examinés au moment de leur audience préalable à la mise en accusation et dénoncent ce qu’ils présentent comme un conflit d’intérêts au sein du système judiciaire militaire.


Les plaignants mettent en avant la décision ultérieure du procureur militaire en chef Itay Ofir d’annuler l’acte d’accusation après un nouvel examen du dossier. Selon eux, cette décision tend à confirmer que la procédure initiale comportait d’importantes irrégularités.

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