Gaza: le bébé décédé ne figure pas parmi "les martyrs" (ministère)


Le ministère palestinien de la Santé basé à Gaza a décidé de ne pas mentionner le nom d'un bébé sur une liste officielle recensant les Palestiniens tués lors d'affrontements avec l’armée israélienne, le long de la barrière de sécurité qui sépare l'Etat hébreu de l'enclave palestinienne.
Le ministère a publié cette semaine une liste baptisée "les martyrs", regroupant les noms des Palestiniens tués par l'armée lors de manifestations menées dans le cadre du mouvement de protestation "la marche du retour" qui a débuté le 30 mars à Gaza, sans y faire figurer le nom de Leïla al-Ghandour.
Achraf al-Qodra, le porte-parole du ministère, a indiqué qu'un examen complet du dossier de la fillette était en cours et que Leïla al-Ghandour ne figurerait pas sur la liste avant la fin des vérifications.
L'enquête vise à déterminer les antécédents médicaux de l'enfant, "et si un gaz inhalé aurait entraîné sa mort", a-t-il ajouté, sans évoquer l'éventualité d'une autopsie. La fillette a déjà été inhumée.
Leïla al-Ghandour, âgée de huit mois, est au centre d'une querelle sur les causes de sa mort le 15 mai, au lendemain de l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem.
Le ministère gazaoui de la Santé avait initialement annoncé que son décès avait été causé par l'inhalation de gaz lacrymogènes tirés par les soldats israéliens. La famille a par ailleurs accusé l'armée d'avoir tué l'enfant.
L'armée israélienne a pour sa part contesté cette version, arguant qu'un médecin palestinien qui connaissait les antécédents de la famille, avait affirmé que le bébé souffrait d'un problème cardiaque.
"De nombreux témoignages mettent en doute la fiabilité des déclarations du ministère", a indiqué un porte-parole de l'armée israélienne, Avihai Adrei, au site d'information Walla!.
Selon un rapport palestinien, il n'était pas clair dans l'immédiat à quelle distance se trouvaient le bébé et sa famille de la barrière de sécurité.
D'après des informations obtenues par i24NEWS auprès de sources sécuritaires, la famille aurait convenu d'un accord avec l'organisation terroriste Hamas, au contrôle de la bande de Gaza, pour annoncer la mort du bébé à la presse, en prétendant qu'il aurait été tué par Israël, en échange d'une compensation financière significative.
L'armée israélienne n'a jamais précisé l'identité du médecin auquel elle se référait, ses liens avec la famille, ni les conditions dans lesquelles l'armée avait recueilli les témoignages.
Selon la famille, Leïla al-Ghandour avait été emmenée près de la frontière par un oncle âgé de 11 ans et avait été prise dans des tirs de gaz lacrymogènes.
De violents heurts avaient éclaté le 14 mai le long de la barrière de sécurité qui sépare Israël de Gaza, jour d'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem, causant la mort de 61 Palestiniens, dont 50 membres de l’organisation terroriste Hamas.
L'armée israélienne accuse le Hamas de s'être servi de la mobilisation palestinienne pour couvrir des tentatives d'attaques contre Israël, et d'avoir délibérément mis en danger la vie de femmes et d'enfants.
(avec agence)