Amibe "mangeuse de cerveau" dans le lac de Tibériade : les plages restent ouvertes malgré le risque
Le ministère israélien de la Santé souligne qu'il n'existe actuellement aucun moyen réaliste de traiter l'ensemble du lac


Le ministère israélien de la Santé a décidé de maintenir ouvertes les plages du lac de Tibériade malgré la présence de Naegleria fowleri, une amibe rare et potentiellement mortelle surnommée la "mangeuse de cerveau". La professeure Sigal Sadetzki, responsable de la division de santé publique, a expliqué mardi que le parasite se trouvait à des concentrations extrêmement faibles, ce qui rend sa détection particulièrement difficile. Selon elle, le rechercher dans l'ensemble du lac revient à "chercher une aiguille dans une botte de foin".
Cette mise au point intervient après l'hospitalisation dans un état grave de Baruch Neria, 9 ans, atteint d'une inflammation cérébrale provoquée par l'amibe après s'être baigné sur la plage de Kursi, environ une semaine avant l'apparition des symptômes. L'enfant est hospitalisé à l'hôpital Rambam de Haïfa, sous sédation et assistance respiratoire.
Le ministère souligne qu'il n'existe actuellement aucun moyen réaliste de traiter l'ensemble du lac. Contrairement à une piscine, le lac de Tibériade ne peut pas être désinfecté au chlore, et des prélèvements ponctuels ne permettraient pas de déterminer avec certitude si une plage est exempte du parasite.
Les autorités sanitaires n'ont donc pas interdit la baignade, mais ont publié une série de recommandations. Elles conseillent notamment d'éviter que l'eau ne pénètre dans le nez, de ne pas plonger, de ne pas sauter dans l'eau et d'éviter autant que possible d'immerger la tête. L'utilisation d'un pince-nez est également recommandée. L'infection survient lorsque de l'eau contaminée entre par le nez ; elle ne se transmet ni par ingestion d'eau ni d'une personne à l'autre.
La maladie reste extrêmement rare mais particulièrement dangereuse. Moins de 500 cas ont été recensés dans la littérature scientifique mondiale. L'amibe prolifère surtout dans les eaux douces et chaudes, et peut provoquer une inflammation cérébrale grave.
Par mesure de précaution, la traditionnelle traversée du lac de Tibériade, initialement prévue le 19 septembre, a été reportée au 14 novembre, après consultation des autorités sanitaires.