Après la découverte de l’Altalena, Itamar Ben-Gvir invoque l’unité du peuple juif
Le ministre de la Sécurité nationale a présenté la localisation de l’épave comme une réparation historique et rappelé le refus de Menahem Begin d’entraîner Israël dans une guerre civile.


Itamar Ben-Gvir a dévoilé lundi les premiers détails de l’opération ayant permis de retrouver l’épave de l’Altalena, lors d’une conférence de presse organisée à la Maison de l’Etzel à Tel-Aviv.
Le ministre de la Sécurité nationale s’exprimait en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahou et du ministre du Patrimoine Amichai Eliyahou, également associé aux recherches menées pour localiser le navire.
« L’Altalena n’est pas seulement un navire. Elle symbolise le camp national que certains ont tenté, pendant des années, de marginaliser, de réduire au silence et de priver de toute légitimité », a déclaré Itamar Ben-Gvir.
Le ministre a établi un parallèle entre la marginalisation passée de Menahem Begin et les divisions qui traversent aujourd’hui la société israélienne.
« Menahem Begin savait ce que signifiaient la persécution par ses propres frères, le boycott et les tentatives de délégitimer l’ensemble du camp qu’il représentait », a-t-il affirmé.
Itamar Ben-Gvir a surtout rappelé la décision de Menahem Begin d’ordonner à ses combattants de ne pas riposter lors de l’affrontement autour de l’Altalena, afin d’éviter une guerre civile dans le jeune État d’Israël.
« Pourtant, au moment le plus difficile, il a placé un principe au-dessus de tous les autres : nous sommes frères. Il n’y aura pas de guerre entre frères », a poursuivi le ministre.
Benjamin Netanyahou a également insisté sur cette leçon historique au cours de la cérémonie. Le Premier ministre a estimé que « la division est une faiblesse et l’unité une force », avant d’appeler à la formation d’un large gouvernement d’union nationale pour faire face aux prochains défis sécuritaires.
Itamar Ben-Gvir a présenté la recherche du navire comme une démarche destinée à réhabiliter la mémoire de l’Altalena et de ses combattants.
« Pendant des décennies, certains ont tenté d’enterrer l’histoire de l’Altalena, de la faire disparaître des livres d’histoire et d’effacer l’héritage des héros qui ont combattu et sont tombés », a-t-il déclaré.
Selon lui, la localisation de l’épave ne constitue pas seulement une opération menée dans les profondeurs de la mer, mais également « une dette morale et éthique ».
« Seize combattants héroïques de l’Irgoun sont tombés à son bord. Les vestiges retrouvés font partie de leur monument et de leur héritage », a-t-il ajouté.
Le ministre a également évoqué sa mère, Shoshana, ancienne combattante de l’Irgoun, expliquant avoir grandi avec les récits de cette organisation.
« Dans la maison où j’ai grandi, j’ai entendu les récits d’héroïsme, mais également ceux des persécutions et des discriminations », a-t-il raconté, qualifiant la découverte de l’épave de « boucle personnelle » désormais refermée.
Itamar Ben-Gvir a enfin appliqué la leçon de l’Altalena à la situation actuelle : « Face à nos ennemis, nous ne devons ni hésiter, ni faire preuve de compassion, ni nous laisser désorienter, mais les frapper de toutes nos forces. Cependant, au sein de notre peuple, même lorsque les désaccords sont profonds, le testament de Begin reste clair : les Juifs, dans toute leur diversité, sont frères. Il n’y aura pas de guerre entre frères. »
L’Altalena était arrivé en Israël en juin 1948 avec à son bord des immigrants, des combattants de l’Irgoun, des armes et du matériel militaire. Les affrontements autour du navire avaient provoqué la mort de 16 membres de l’Irgoun et de trois soldats de Tsahal.
L’épave a été localisée dans la nuit de dimanche à lundi, à une profondeur de 503 mètres, au terme d’une opération préparée pendant plusieurs mois. Les recherches ont mobilisé un navire équipé de capteurs spécialisés et de technologies avancées de cartographie sous-marine.
L’expédition avait été lancée à l’initiative d’Amichai Eliyahou et dirigée par Roni Sade, responsable de la division de cartographie marine au Centre de cartographie d’Israël.