Armement, hôpitaux: les failles israéliennes révélées par le contrôleur de l’État
Un rapport sévère du contrôleur de l’État israélien pointe les failles de préparation d’Israël avant la guerre.


Le contrôleur de l’État israélien, Matanyahu Englman, dresse un constat dans un rapport : en privilégiant pendant des années des achats moins chers à l’étranger, Israël a affaibli une partie de sa capacité à produire localement des matières premières et des équipements militaires, au point de créer un risque pour les soldats sur le champ de bataille. Selon le rapport publié mardi, cette perte de capacités industrielles, faute de commandes suffisantes de Tsahal et de politique budgétée, a obligé l’État à envisager aujourd’hui de lourds investissements pour reconstruire des lignes de production abandonnées.
La guerre a brutalement révélé cette dépendance. Alors que les besoins opérationnels augmentaient, plusieurs pays, y compris des États amis d’Israël, ont imposé des embargos ou des restrictions sur la livraison d’armes, de composants ou de matières premières. Le rapport estime que certains stocks de Tsahal, à la veille de la guerre, étaient inférieurs aux objectifs fixés, et que ces objectifs eux-mêmes ne correspondaient pas toujours aux besoins réels du terrain.
Le contrôleur met directement en cause Benjamin Netanyahou, Naftali Bennett et Yaïr Lapid : aucun des trois Premiers ministres n’aurait porté la question de l’autonomie industrielle de défense devant le cabinet avant la guerre. Ce défaut d’anticipation signifierait, selon lui, que les leçons de l’opération « Gardien des murailles » et des précédentes restrictions internationales n’ont pas été tirées. Netanyahou n’aurait demandé la fixation d’objectifs d’autonomie qu’en décembre 2023, après le déclenchement de la guerre.
Le rapport ne se limite pas à l’armement. Il révèle aussi de graves failles dans la gestion des réserves de sang le 7 octobre : pénurie de 30 % de poches de sang de type O à la veille de l’attaque, absence totale de ce type à Soroka à midi, et plusieurs heures nécessaires pour acheminer de nouvelles poches vers Soroka et Barzilaï. Plus de la moitié des banques de sang israéliennes ne seraient pas protégées contre les tirs de roquettes.
Autre angle mort : le statut des responsables de sécurité locaux, les rabashim, premiers remparts dans plusieurs localités le 7 octobre, reste mal défini depuis vingt ans. Tsahal rejette toutefois toute mise en cause directe, affirmant que ses capacités de combat n’ont pas été affectées et que la responsabilité globale de la production d’armement relève du ministère de la Défense. Le ministère de la Santé assure, lui, avoir lancé plusieurs projets de renforcement du système hospitalier.