Défense israélienne : les fusions-acquisitions bondissent à 3,26 milliards de dollars au premier semestre 2026
Les opérations ont bondi au premier semestre 2026, portées par l’intérêt pour les drones, la robotique et les capteurs, selon une étude de Frost & Sullivan.


Le secteur israélien des technologies de défense attire les acquéreurs internationaux. Les fusions-acquisitions y ont atteint 3,26 milliards de dollars au premier semestre 2026, contre 384 millions de dollars en 2025, selon un rapport du cabinet Frost & Sullivan cité par le Jerusalem Post. Un montant multiplié par 8,5, même si quelques transactions importantes expliquent une partie de cette progression.
Présentée lors d’un événement à Tel-Aviv organisé par le cabinet d’avocats Gornitzky et le fonds spécialisé Aurelius, l’étude porte sur 44 opérations annoncées entre 2023 et 2026 dans les secteurs israéliens de l’aéronautique et de la défense. Elle exclut la cybersécurité et le renseignement cyber. Les montants ont été rendus publics pour 22 transactions, représentant au total environ 4,1 milliards de dollars.
Plus de la moitié des opérations concernent trois domaines : l’électronique de défense et les capteurs, les drones et systèmes autonomes, ainsi que les équipements terrestres et la robotique. Les acquéreurs américains arrivent en tête, avec environ 45 % des transactions étudiées, devant les acheteurs israéliens, à 30 %, et européens, à 11 %.
Selon Frost & Sullivan, ces chiffres traduisent une évolution des stratégies industrielles : les entreprises de défense cherchent davantage à acquérir des technologies existantes pour répondre rapidement aux besoins opérationnels et raccourcir leurs délais de développement. Le rapport estime également que l’utilisation de technologies israéliennes sur le terrain, et leur adaptation aux contraintes du combat, renforcent leur attractivité auprès des acheteurs étrangers.
Irit Nudelman, responsable du conseil en défense pour Israël et l’Europe chez Frost & Sullivan, anticipe la poursuite d’opérations importantes dans les prochaines années, notamment dans les systèmes antidrones, la robotique, les technologies sous-marines, le spatial et l’autonomie. Les entreprises européennes et asiatiques privilégient toutefois plus souvent les partenariats, les coentreprises et les investissements ciblés que les rachats complets.
Cette dynamique soulève aussi la question du maintien des compétences en Israël. Lors de l’événement, Amir Eshel, ancien commandant de l’armée de l’air israélienne et associé du fonds Aurelius, a mis en garde contre le départ à l’étranger de jeunes entreprises du secteur. Il a plaidé pour renforcer les capacités nationales tout en développant des partenariats internationaux afin de sécuriser les chaînes d’approvisionnement, jugeant une indépendance industrielle totale irréaliste compte tenu des besoins en matières premières et en main-d’œuvre.