Entre Jérusalem et Ramallah, un projet de quartier au-delà de la Ligne verte relance les tensions
Entre impératifs de logement, considérations sécuritaires et vives critiques internationales, cette initiative remet au cœur du débat l’avenir territorial de Jérusalem et de ses environs.


La commission régionale de planification et de construction de Jérusalem a décidé, lundi, de faire avancer un projet de création d’un nouveau quartier au nord de Jérusalem, entre la ville et Ramallah, au-delà de la Ligne verte. Le plan prévoit la construction de plusieurs milliers de logements dans une zone particulièrement sensible sur le plan politique et sécuritaire.
Le projet constitue une alternative révisée à l’ancienne initiative dite d’Atarot. À la demande du ministère israélien du Logement, le nombre d’unités d’habitation a été nettement revu à la baisse : entre 3 400 et 4 500 logements, contre près de 9 000 initialement envisagés. Le reste du terrain serait destiné à des zones commerciales et industrielles, notamment en raison de contraintes environnementales identifiées lors d’études préliminaires. L’approbation finale reste conditionnée à la réalisation d’une étude d’impact environnemental complète.
Le nombre exact de logements dépendra également de la population ciblée : le projet prévoit moins d’unités s’il est destiné majoritairement au public orthodoxe, et davantage pour une population non haredie. La zone se situe entre deux grandes localités palestiniennes, dont Kafr Aqab, à proximité de la zone industrielle d’Atarot.
Par le passé, une tentative similaire avait été bloquée par l’administration américaine de Donald Trump, qui considérait ce secteur comme relevant du futur État palestinien. Par la suite, sous l’administration Biden, Benjamin Netanyahou avait assuré que le projet ne serait pas poursuivi.
L’annonce actuelle suscite une vive opposition de la part d’organisations de gauche, notamment La Paix Maintenant, qui dénoncent une initiative susceptible, selon elles, de compromettre toute possibilité de faire de "Jérusalem-Est la capitale d’un futur État palestinien" et d’éloigner toute perspective de règlement politique.
À l’inverse, certains responsables et experts en aménagement saluent un projet qu’ils jugent stratégique, tant sur les plans urbain, économique et sécuritaire, y voyant un moyen de renforcer Jérusalem et de répondre à la crise du logement tout en développant l’emploi dans le nord de la ville.