Gaza : 72 % des Israéliens juifs refusent un retrait sans zone tampon
Selon un sondage du JPPI, 72 % des Israéliens juifs refusent tout retrait de Gaza sans périmètre de sécurité, tandis que 36 % soutiennent l’occupation de toute l’enclave.


Près de trois Israéliens juifs sur quatre s’opposent à un retrait total de la bande de Gaza qui ne prévoirait pas le maintien d’un périmètre de sécurité à l’intérieur de l’enclave, selon l’indice de la société israélienne publié en septembre 2026 par le Jewish People Policy Institute (JPPI).
Ils sont précisément 72 % à rejeter une telle mesure « quelles que soient les circonstances », contre 68 % en septembre 2025. Cette proportion atteint 59 % au sein de l’ensemble de la population israélienne. À l’inverse, 49 % des Arabes israéliens se déclarent favorables à un retour des forces israéliennes à la frontière, sans maintien d’une zone tampon à Gaza.
Le sondage met également en évidence une progression du soutien à une occupation de l’ensemble de la bande de Gaza et à son administration par Tsahal pendant plusieurs années. Cette option est désormais approuvée par 36 % des Israéliens juifs, contre 27 % un an auparavant.
Dans le même temps, 40 % des Israéliens juifs affirment qu’ils s’opposeraient à une telle occupation en toutes circonstances, contre 42 % en septembre 2025.
Les résultats révèlent d’importantes fractures idéologiques. À droite, 62 % des personnes interrogées approuvent globalement l’occupation de Gaza, tandis que seulement 9 % la rejettent catégoriquement. Au centre droit, le soutien tombe à 32 %, alors que 37 % s’y opposent en toutes circonstances.
Le rejet atteint 66 % au centre, 88 % au centre gauche et 91 % à gauche.
La population reste également partagée sur la question d’une éventuelle victoire dans la guerre déclenchée le 7 octobre 2023. Sur une échelle allant de 1 à 5, 40 % des Israéliens évaluent à 4 ou 5 leur sentiment que le pays est en train de gagner ou a déjà remporté la guerre. Ils étaient 43 % un an plus tôt.
À l’inverse, 37 % attribuent une note de 1 ou 2. Là encore, l’appartenance politique joue un rôle déterminant : 77 % des électeurs de droite estiment qu’Israël gagne ou a gagné, contre 44 % au centre droit, 16 % au centre, 7 % au centre gauche et aucun répondant à gauche.
À l’approche des élections législatives de 2026, 40 % des Israéliens considèrent que le prochain scrutin sera « le plus important de l’histoire du pays », contre 33 % en février. Quarante et un pour cent supplémentaires le jugent « particulièrement important ».
La sécurité arrive en tête des sujets susceptibles de déterminer le vote, citée par 31 % des personnes interrogées. Elle devance les relations entre le gouvernement et le système judiciaire, à 19 %, puis l’unité du pays, à 17 %.
Interrogés sur la personnalité la plus apte à devenir Premier ministre, 36 % des Israéliens choisissent Benjamin Netanyahou. L’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot arrive en deuxième position avec 29 %, devant Naftali Bennett à 13 % et Avigdor Liberman à 4 %. Parmi les seuls Israéliens juifs, Benjamin Netanyahou recueille 43 % des réponses.
Malgré les divisions, les Israéliens portent un regard légèrement plus positif sur la direction prise par le pays. Trente-cinq pour cent de l’ensemble de la population et 43 % des Israéliens juifs estiment qu’Israël s’améliore et que la situation continuera de progresser.
En septembre 2025, ils étaient respectivement 30 % et 36 % à partager cet avis. À l’inverse, 30 % des Israéliens considèrent que le pays se détériore et que cette tendance va se poursuivre, contre 38 % un an auparavant.
Le bilan de l’année écoulée reste toutefois particulièrement négatif sur le plan social. Cinquante-deux pour cent des personnes interrogées la qualifient de mauvaise dans ce domaine, contre 37 % sur le plan sécuritaire et 30 % concernant l’économie.
Concernant la hausse de l’antisémitisme dans le monde, 44 % des Israéliens juifs estiment qu’elle n’est « pas du tout » liée à la politique israélienne, contre 38 % en 2025. À l’inverse, 28 % considèrent qu’elle en découle dans une large mesure.
Par ailleurs, 57 % des Israéliens juifs jugent qu’Israël ne doit absolument pas modifier sa politique en réponse à la progression de l’antisémitisme.
La proportion de ceux qui qualifient le boycott universitaire d’Israël d’antisémite, ou à la fois d’antisémite et d’anti-israélien, passe de 68 % à 74 %. Ils sont 58 % à porter le même jugement sur les appels à des sanctions en raison de la situation à Gaza.
Le JPPI a également interrogé les Israéliens sur les jeunes Juifs impliqués dans les violences survenues à Qusra, en Judée-Samarie. Un tiers de la population les qualifie de « terroristes israéliens », tandis que 18 % retiennent l’expression de « criminels nationalistes ».
Cette qualification est choisie par 27 % des Israéliens juifs et 55 % des Arabes israéliens. Les écarts politiques sont particulièrement marqués : 63 % des répondants de gauche et 49 % de ceux du centre parlent de « terroristes israéliens », contre seulement 3 % à droite.
À droite, les expressions les plus fréquemment retenues sont « une poignée d’émeutiers » et « une minorité violente ». Douze pour cent des répondants de droite les décrivent comme « le sel de la terre ».
Enfin, le système éducatif suscite une insatisfaction croissante. Trente-cinq pour cent des Israéliens le jugent mauvais, contre 28 % en 2025, tandis que seuls 14 % en ont une opinion positive. Parmi les Israéliens juifs, 29 % souhaitent renforcer l’enseignement des études juives et 21 % celui de l’éducation civique.