Il y a 26 ans, la seconde Intifada plongeait Israël dans une vague d’attentats
La visite d’Ariel Sharon sur le mont du Temple, le 28 septembre 2000, précède le déclenchement d’un soulèvement palestinien marqué par des attentats-suicides meurtriers


Le 28 septembre 2000, Ariel Sharon, alors chef de l’opposition israélienne, se rend sur le mont du Temple à Jérusalem, également appelé esplanade des Mosquées. Cette visite hautement symbolique, effectuée sous une importante protection policière, est suivie de violents affrontements et devient le déclencheur immédiat de la seconde Intifada.
Le déplacement d’Ariel Sharon est alors dénoncé par les dirigeants palestiniens comme une provocation. Dès le lendemain, des affrontements éclatent entre manifestants palestiniens et forces de sécurité israéliennes. Les violences se propagent rapidement à Jérusalem, en Judée-Samarie, dans la bande de Gaza et dans plusieurs villes israéliennes.
La visite n’explique toutefois pas, à elle seule, le déclenchement du soulèvement. Celui-ci intervient dans un contexte de tensions profondes, quelques semaines après l’échec du sommet de Camp David entre le Premier ministre israélien Ehud Barak et le dirigeant palestinien Yasser Arafat. Le rôle exact de la visite d’Ariel Sharon continue d’ailleurs de faire débat : pour certains, elle a provoqué l’explosion des violences ; pour d’autres, elle n’a été que le prétexte d’une confrontation déjà préparée.
Des années d’attentats contre les civils israéliens
Contrairement à la première Intifada, principalement marquée par des manifestations, des jets de pierres et des affrontements, la seconde Intifada prend rapidement une dimension beaucoup plus meurtrière. Des organisations terroristes palestiniennes, notamment le Hamas, le Jihad islamique et les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, multiplient les attentats-suicides, les fusillades et les attaques contre des civils.
Entre 2000 et 2005, plus de 1 000 Israéliens sont tués et des milliers d’autres blessés. Plusieurs milliers de Palestiniens trouvent également la mort au cours des opérations militaires israéliennes et des affrontements.
Restaurants, cafés, hôtels, discothèques et transports en commun deviennent les cibles d’attentats destinés à provoquer un maximum de victimes. Cette période laisse une empreinte durable dans la société israélienne, marquée par la peur quotidienne des explosions dans les lieux publics.
Parmi les attaques les plus meurtrières figure l’attentat contre la pizzeria Sbarro, à Jérusalem, le 9 août 2001. Un terroriste dissimulant une bombe dans un étui de guitare se fait exploser dans l’établissement, tuant 15 personnes, dont plusieurs enfants, et en blessant plus d’une centaine.
L’attaque est préparée avec l’aide d’Ahlam Tamimi, chargée de sélectionner une cible particulièrement fréquentée. Condamnée à plusieurs peines de réclusion à perpétuité, elle est libérée en 2011 dans le cadre de l’accord conclu pour obtenir la libération du soldat israélien Gilad Shalit.
Le 1er juin 2001, un attentat-suicide devant la discothèque Dolphinarium de Tel-Aviv tue 21 personnes, principalement des adolescents. Quelques mois plus tard, le 27 mars 2002, un terroriste frappe l’hôtel Park de Netanya en pleine soirée du Seder de Pessah. Trente personnes sont tuées et plus de 140 blessées.
Haïfa est également frappée à plusieurs reprises. Quinze personnes sont tuées au restaurant Matza en mars 2002, tandis que l’attentat contre le bus 37 fait 17 morts en mars 2003.
La construction de la barrière de sécurité
Face à la multiplication des infiltrations et des attentats-suicides, Israël lance en 2002 la construction d’une barrière de sécurité le long d’une partie de la ligne séparant le territoire israélien de la Judée-Samarie.
Selon les autorités israéliennes, cet ouvrage, associé au renforcement des contrôles et aux opérations menées contre les cellules terroristes, joue un rôle déterminant dans la diminution progressive des attentats-suicides. Leur nombre chute fortement à mesure que la barrière est construite.
La seconde Intifada ne possède pas de date de fin unanimement reconnue. Le sommet de Charm el-Cheikh, organisé en février 2005, est toutefois généralement considéré comme son terme politique. Ariel Sharon, devenu Premier ministre en 2001, et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas y annoncent la cessation des violences.
Vingt-six ans après son déclenchement, la seconde Intifada reste l’une des périodes les plus traumatisantes de l’histoire récente d’Israël. Ses attentats ont profondément transformé la politique sécuritaire du pays et durablement détérioré la confiance entre Israéliens et Palestiniens.