Incendie à Havat Gilad : la Franco-Israélienne Yael Shevah, déjà endeuillée par un attentat, n'a plus de maison
« Je n'ai plus rien, même pas une paire de chaussettes », a-t-elle confié à Ynet


La Franco-Israélienne Yael Shevah, veuve du rabbin Raziel Shevah, assassiné lors d'un attentat terroriste près de Havat Gilad en 2018, a de nouveau été frappée par le drame. Sa maison, située dans l'implantation de Havat Gilad, en Samarie, a été entièrement détruite par l'incendie qui a ravagé la région samedi.
Interrogée par Ynet, Yael Shevah a expliqué qu'elle se trouvait à Kfar Saba avec ses enfants lorsque les flammes ont atteint leur domicile. « Une amie est venue m'annoncer que la maison avait entièrement brûlé. Heureusement, nous n'étions pas à l'intérieur », raconte-t-elle. Les habitants avaient été évacués peu avant la propagation du feu, attisé par des vents violents et une chaleur extrême.
« Je n'ai plus rien », confie-t-elle. « Je n'ai même pas une paire de chaussettes. Je porte les vêtements de ma mère et le maquillage de ma belle-sœur. » Malgré tout, elle souligne l'élan de solidarité dont sa famille bénéficie depuis la catastrophe. « Depuis les premières heures, nous recevons des dons, des propositions de logement et un soutien extraordinaire. Le peuple d'Israël est d'une générosité incroyable. »
Si les circonstances exactes de l'incendie font toujours l'objet d'une enquête, Yael Shevah estime qu'il pourrait s'agir d'un acte terroriste.
« C'est ainsi que nous le percevons. Et même si l'enquête devait conclure autrement, cinq minutes après que Havat Gilad a commencé à brûler, des feux d'artifice et des cris de joie ont retenti dans les villages voisins », affirme-t-elle.
L'incendie a laissé la localité sans eau ni électricité. Treize maisons ont été totalement détruites et une grande partie des habitants a dû être évacuée. Yael Shevah s'inquiète également des difficultés de reconstruction, Havat Gilad n'ayant toujours pas obtenu un statut officiel, ce qui complique les démarches d'indemnisation.
« Nous reviendrons. Nous reconstruirons notre maison et nous recommencerons. Nous avons déjà traversé des épreuves très difficiles et nous nous relèverons encore », assure-t-elle.
Au-delà des pertes matérielles, c'est la disparition des souvenirs de son mari qui la bouleverse le plus. « Au final, il ne reste plus rien de Raziel », confie-t-elle. « Tous ses livres ont brûlé. Son matériel de mohel a disparu. Je n'ai plus aucune photo de lui. Ma mère peignait chaque année son portrait ; toutes ces œuvres ont été réduites en cendres. Ce sont des objets irremplaçables.
Selon les premières constatations des autorités, l'incendie pourrait avoir été provoqué par un mégot de cigarette jeté au sol, mais les enquêteurs examinent également l'hypothèse d'un incendie criminel.
Le sinistre, qui s'est déclaré près du quartier Mitzpe Yishai à Kedumim avant de se propager jusqu'à Havat Gilad, a mobilisé 41 équipes de pompiers, des avions bombardiers d'eau, un hélicoptère de la police ainsi que des renforts de Tsahal. Deux pompiers ont été légèrement blessés au cours des opérations, tandis que 13 habitations ont été entièrement détruites et 11 autres endommagées.