Isaac Herzog sous pression autour d’une possible grâce accordé à Benjamin Netanyahou
Coincé entre pressions politiques, exigences juridiques et divisions profondes de la société israélienne, Isaac Herzog apparaît plus que jamais sous tension.


Le président israélien Isaac Herzog se retrouve au cœur d’une nouvelle controverse politique après les révélations d’une réunion secrète consacrée à une éventuelle grâce présidentielle accordée à Benjamin Netanyahou.
La rencontre aurait eu lieu en mars dernier dans un appartement de Shoham, au plus fort des tensions régionales liées à la guerre contre l’Iran. Durant cet échange tendu de près de deux heures et demie, Herzog a expliqué qu’il ne pouvait pas accorder de grâce à Netanyahou dans les conditions actuelles, le chef du gouvernement n’ayant jamais officiellement reconnu sa culpabilité dans les affaires judiciaires qui le visent.
« Vous ne comprenez pas à quel point tout le monde me déteste maintenant », aurait confié Herzog à Bardugo, selon Channel 12. Le président israélien se serait plaint d’être attaqué à la fois par la droite et par la gauche sur cette question extrêmement sensible.
Le journaliste aurait alors exhorté Herzog à gracier immédiatement le Premier ministre afin de « réunifier le pays », allant jusqu’à lui lancer : « Arrêtez d’être un lâche. »
Au centre de cette crise se trouve la question juridique du pardon présidentiel. En Israël, la jurisprudence de la Cour suprême exige généralement qu’un condamné reconnaisse sa culpabilité avant de pouvoir bénéficier d’une grâce. Or Benjamin Netanyahou, jugé pour corruption, fraude et abus de confiance, continue de nier catégoriquement toutes les accusations.
Isaac Herzog envisage désormais de promouvoir un accord négocié dans le procès du Premier ministre afin de mettre fin à une procédure qui fracture profondément la société israélienne depuis plusieurs années. Des discussions préliminaires avaient déjà été engagées entre les équipes du président, la procureure générale Gali Baharav-Miara et les avocats de Netanyahou.
Cette affaire illustre la pression politique immense exercée sur Isaac Herzog, coincé entre les partisans du Premier ministre, qui réclament sa grâce immédiate, et ses opposants, qui refusent toute clémence sans reconnaissance de culpabilité et retrait définitif de la vie politique.