Israël envisage un sommet à Abou Dhabi pour relancer l’accord sur l’eau avec la Jordanie
Les Émirats arabes unis cherchent à relancer la coopération régionale sur l’eau et l’énergie, alors que les relations entre Jérusalem et Amman restent fortement dégradées.


Israël étudie la possibilité de participer à un sommet trilatéral avec la Jordanie et les Émirats arabes unis à Abou Dhabi afin de relancer la coopération régionale en matière d’eau, d’énergie et de relations diplomatiques, selon des responsables israéliens.
Soutenue par les Émirats, cette rencontre réunirait les ministres de l’Énergie des trois pays pour négocier un nouvel accord permettant à Israël de fournir à la Jordanie 50 millions de mètres cubes d’eau supplémentaires par an, en plus des 50 millions déjà prévus par le traité de paix israélo-jordanien de 1994. »
Le sommet viserait également à relancer le projet régional « Prosperity », qui prévoit la construction par Israël d’une importante usine de dessalement alimentant en eau Israël et la Jordanie, tandis que le royaume hachémite développerait une vaste centrale solaire destinée à fournir de l’électricité aux deux pays.
Les discussions devraient aussi porter sur la normalisation des relations entre Jérusalem et Amman, fortement détériorées depuis le début de la guerre à Gaza. La Jordanie n’a plus d’ambassadeur en Israël depuis novembre 2023, tandis qu’Israël n’est plus représenté par un ambassadeur à Amman depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023.
En 2021, Israël avait accepté de fournir à la Jordanie 50 millions de mètres cubes d’eau supplémentaires chaque année dans le cadre d’un accord distinct, renouvelé tous les six mois par le ministre israélien de l’Énergie, Eli Cohen.
Cet accord n’a toutefois pas été reconduit depuis novembre 2025, privant la Jordanie de cet approvisionnement additionnel depuis huit mois.
Selon un haut responsable israélien, Israël continue de respecter ses obligations découlant du traité de paix, mais n’est pas tenu de fournir davantage d’eau.
« Nous continuons à fournir à la Jordanie les quantités prévues par le traité de paix. Nous n’avons aucune obligation de livrer des volumes supplémentaires. S’il existe une volonté de coopération entre les deux pays, nous pouvons le faire », a-t-il déclaré.
Le responsable a également rappelé que 2025 a été l’année la plus sèche en Israël depuis un siècle, poussant les autorités à privilégier le remplissage des réserves nationales afin de soutenir l’agriculture israélienne.
Selon les responsables israéliens, les Émirats arabes unis souhaitent jouer un rôle de médiateur en offrant un cadre favorable à une reprise du dialogue.
« Si le climat régional continue de s’apaiser après la guerre, cet accord pourrait être rétabli. La Jordanie a besoin de cette eau, mais lorsqu’on aide ses voisins, on attend aussi des relations plus chaleureuses », a indiqué un responsable israélien.
La Jordanie figure parmi les pays les plus touchés au monde par le stress hydrique. Entre la croissance démographique, l’accueil de nombreux réfugiés syriens et les épisodes de sécheresse aggravés par le changement climatique, le royaume fait face à un déficit annuel estimé à 500 millions de mètres cubes d’eau, faisant de la sécurité hydrique l’une de ses priorités nationales.