Israël menacé par une pénurie de terrains funéraires
Alors qu’environ 50 000 personnes meurent chaque année aujourd’hui, ce chiffre pourrait atteindre 100 000 d’ici 2044, puis culminer à près de 200 000 décès par an dans les années 2080


Israël n’est pas préparé à l’explosion du nombre de décès attendue dans les prochaines décennies. C’est l’avertissement lancé par une étude publiée jeudi par le Centre Taub, qui évoque un risque majeur de saturation des capacités d’inhumation à l’échelle nationale.
Selon cette recherche dirigée par le professeur Alex Weinreb, la combinaison d’une croissance démographique soutenue et du vieillissement de la génération née après la Seconde Guerre mondiale devrait entraîner un doublement, puis un quadruplement du nombre annuel de décès. Alors qu’environ 50 000 personnes meurent chaque année aujourd’hui, ce chiffre pourrait atteindre 100 000 d’ici 2044, puis culminer à près de 200 000 décès par an dans les années 2080.
Le rapport pointe notamment la spécificité du modèle israélien, qui garantit à chaque citoyen une sépulture perpétuelle financée par l’État, généralement à proximité de son lieu de résidence. Une politique qualifiée d’exceptionnelle à l’échelle internationale, mais jugée difficilement soutenable à long terme sans adaptation majeure.
À défaut de réforme, les chercheurs préviennent que le pays risque de faire face à une pénurie aiguë de terrains funéraires, avec l’émergence de vastes "villes des morts" dans le centre du pays, au détriment de réserves foncières essentielles pour le logement, les infrastructures ou les espaces publics.
Pour éviter ce scénario, l’étude recommande une transformation profonde des pratiques d’inhumation. Elle appelle à adopter sans délai des méthodes permettant d’augmenter significativement le nombre de sépultures par unité de surface. Les auteurs plaident également pour une évolution législative afin de mettre fin à l’obligation d’enterrer les défunts à proximité immédiate de leur domicile, une mesure jugée indispensable pour mieux répartir la pression foncière sur l’ensemble du territoire.