Israël veut limiter les retours à Gaza lors de la réouverture du passage de Rafah
Israël exige également l’installation d’un point de contrôle militaire à l’intérieur de Gaza.


Israël entend encadrer strictement la réouverture du passage de Rafah afin de s’assurer que davantage de Palestiniens quittent la bande de Gaza qu’ils n’y entrent, selon trois sources informées du dossier, citées par l'agence Reuters. Ce point de passage, principal accès entre Gaza et l’Égypte pour les plus de deux millions d’habitants du territoire, doit rouvrir la semaine prochaine.
L’annonce a été faite jeudi par Ali Shaath, à la tête d’un comité palestinien de transition soutenu par les États-Unis et chargé d’administrer temporairement Gaza. Le passage de Rafah devait initialement rouvrir dès la première phase du plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin à la guerre, dans le cadre du cessez-le-feu conclu en octobre entre Israël et le Hamas. Washington a toutefois annoncé début janvier l’entrée dans une deuxième phase, prévoyant un retrait supplémentaire de l’armée israélienne et le transfert de la gestion civile du territoire.
Depuis 2024, le côté gazaoui du poste-frontière est sous contrôle militaire israélien. Selon les sources interrogées par Reuters, Israël souhaite restreindre le nombre de Palestiniens autorisés à entrer depuis l’Égypte, sans que les modalités exactes ni le ratio entre sorties et entrées ne soient encore définis. Les autorités israéliennes ont par le passé évoqué l’idée d’encourager l’émigration depuis Gaza, tout en niant toute volonté de transfert forcé de population.
Toujours selon Reuters, Israël exige également l’installation d’un point de contrôle militaire à l’intérieur de Gaza, près de Rafah, par lequel tous les Palestiniens entrant ou sortant devraient passer afin d’être soumis à des vérifications de sécurité israéliennes. Deux autres sources confirment cette exigence.
Le passage devrait être opéré par des Palestiniens affiliés à l’Autorité palestinienne basée à Ramallah, sous supervision de personnels européens, comme lors d’une précédente trêve l’an dernier.
Enfin, plusieurs responsables israéliens conditionnent toujours l’ouverture complète de Rafah à la restitution par le Hamas de la dépouille de Ran Gvili, policier israélien, dernier otage décédé encore retenu à Gaza.