Jour de l'Indépendance : l'ex-otage Mia Leimberg parmi les 120 soldats honorés par le président Herzog
Désormais engagée dans l’armée de l'air, elle est décrite par ses supérieurs comme un symbole de résilience et de professionnalisme


Lors de la cérémonie annuelle des « soldats exceptionnels » organisée à la résidence du président à Jérusalem, le caporal Mia Leimberg, ancienne otage du Hamas, figurait parmi les 120 récipiendaires mis à l’honneur. Un moment solennel à l’occasion du 78e anniversaire de l’indépendance de l’État d’Israël.
La cérémonie, enregistrée en amont et diffusée en présence des familles des décorés en raison des restrictions sécuritaires, s’est tenue en présence du président Isaac Herzog et de son épouse Michal, ainsi que du chef d’état-major Eyal Zamir. Les visages des soldats n’ont pas été dévoilés publiquement, conformément aux consignes de sécurité.
Dans son allocution, le président Herzog a salué l’engagement des récipiendaires, évoquant une génération marquée par des années de guerre. « Nous nous inclinons devant vous », a-t-il déclaré, estimant que les soldats distingués avaient traversé des épreuves « extraordinaires » au cours des deux dernières années et demie. Il a également rendu hommage aux familles, soulignant leur rôle dans la formation de ces jeunes militaires engagés sur le front.
Le chef d’état-major a, de son côté, insisté sur la notion d’excellence militaire et la continuité des opérations de Tsahal sur plusieurs fronts. Il a remercié les familles et rappelé que l’armée restait « prête à toute éventualité », malgré le cessez-le-feu en cours. Il a également évoqué les combats récents et la mobilisation continue des forces armées.
Parmi les 120 décorés figure Mia Leimberg, enlevée le 7 octobre 2023 à son domicile du kibboutz Nir Yitzhak et retenue captive pendant 53 jours avec sa mère sa tante et deux autres membres de la famille. Personne n'a oublié les images de la jeune fille, libérée avec sa chienne Bella dans les bras. Désormais engagée dans l’armée israélienne, elle est décrite par ses supérieurs comme un symbole de résilience et de professionnalisme. Son parcours a été brièvement présenté lors de la cérémonie, en raison des restrictions de confidentialité entourant les biographies des lauréats.
La cérémonie a également mis en lumière plusieurs trajectoires marquées par les combats du 7 octobre. Alon Ohel, lui-même ancien otage, a partagé la scène avec Dvir Boublil, combattant de la brigade Golani grièvement blessé lors des affrontements. Ensemble, ils ont interprété un morceau musical, dans un échange empreint d’émotion autour de la reconstruction personnelle après la guerre.
Alon Ohel est revenu sur ses semaines de captivité, décrivant des conditions particulièrement éprouvantes, marquées par l’enfermement et l’isolement. Il a confié avoir traversé cette période en se projetant mentalement dans des scènes de vie normale, notamment sur scène, un imaginaire qui lui a permis de tenir jusqu’à sa libération. Il a également souligné l’ampleur de la mobilisation ayant permis son retour.
De son côté, Dvir Boublil a évoqué la perte de plusieurs camarades et son propre parcours de rééducation, encore en cours. Il a décrit une reprise progressive de ses activités malgré les séquelles, insistant sur la difficulté d’un retour à la normale après des combats intenses. Il a également évoqué la charge morale qui accompagne le service militaire dans un contexte de guerre.