L’ancien chef du Mossad Yossi Cohen juge Mohammed ben Salmane « pas assez mûr » et anticipe de nouvelles frappes en Iran
Lors d’un sommet Taglit, l’ancien patron du Mossad a critiqué le prince héritier saoudien et salué la coopération militaire israélo-américaine face à Téhéran.


L’ancien directeur du Mossad Yossi Cohen a estimé lundi que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane n’était « apparemment pas assez mûr », lors du premier Taglit Global Business Summit. « Ne me citez pas là-dessus », a-t-il ajouté.
Ce sommet consacré à l’économie, organisé sous le thème « Façonner notre avenir ensemble », a réuni environ 350 investisseurs, entrepreneurs, dirigeants et philanthropes, selon les organisateurs. Yossi Cohen s’y est également exprimé sur l’Iran, les relations avec Washington et la sécurité des communautés juives à l’étranger.
Concernant Téhéran, l’ancien chef du renseignement extérieur israélien a salué la coopération militaire entre Israël et les États-Unis, qu’il a présentée comme un objectif de longue date.
« Voir nos forces sur le terrain en Iran, avec l’armée américaine frappant ses capacités nucléaires, ses missiles balistiques et ses installations industrielles, c’est précisément le type de coopération auquel nous aspirions », a-t-il déclaré.
Yossi Cohen a affirmé penser que de nouvelles opérations militaires contre l’Iran auraient lieu, sans préciser leur calendrier, leurs modalités ou leurs cibles éventuelles. Selon lui, le régime iranien continue de développer ses capacités et pourrait restaurer des installations endommagées.
« Nous devons veiller à ce que ces capacités ne restent pas entre ses mains », a-t-il insisté. Il a également accusé les autorités iraniennes de ne pas négocier de bonne foi, estimant que Donald Trump cherchait un « bon accord » et refusait de se satisfaire d’un « mauvais accord ».
L’ancien directeur du Mossad a toutefois distingué l’action militaire d’un changement de régime. Il a assuré n’avoir jamais cru que le pouvoir iranien puisse être renversé de l’extérieur. « Je pense que c’est quelque chose que les Iraniens eux-mêmes doivent accomplir », a-t-il expliqué, tout en reconnaissant les risques encourus par ceux qui manifestent contre les autorités.
Interrogé sur la montée de l’antisémitisme, notamment en Australie, au Royaume-Uni et aux États-Unis, Yossi Cohen a enfin souligné le rôle du Mossad dans la protection des Israéliens et des Juifs à travers le monde. Il a évoqué des opérations menées directement par le service ou en coopération avec les autorités locales de sécurité.
« Il est essentiel d’assurer la sécurité des communautés juives en dehors d’Israël. Israël a besoin de la diaspora et de son soutien », a-t-il conclu.