La Cour suprême israélienne exige un nouvel examen autour de la nomination du futur chef du Mossad
Les juges estiment que certains témoignages et documents clés liés à une affaire n’ont pas été correctement examinés par la commission chargée des hauts postes sécuritaires.


La nomination du général Roman Gofman à la tête du Mossad connaît un nouveau rebondissement judiciaire. La Haute Cour de justice israélienne a demandé à la commission chargée des nominations des hauts responsables de réexaminer plusieurs éléments liés à une affaire controversée au cœur des recours déposés contre sa désignation.
Les juges estiment que le travail de la commission consultative a été « défaillant », reprochant à ses membres de ne pas avoir examiné certains documents importants ni entendu plusieurs témoins clés. Cette décision intervient après la transmission d’un affidavit rédigé par un officier du renseignement militaire identifié sous le pseudonyme de « Guimel », détaillant ce qu’il savait du rôle et du niveau de connaissance de Roman Gofman dans cette affaire sensible.
La Cour recommande notamment que la commission auditionne cet officier ainsi qu’Ori Elmakayes, ancien blogueur impliqué dans une campagne d’influence sur les réseaux sociaux menée par une unité dirigée à l’époque par Gofman. Elmakayes avait ensuite été inculpé pour espionnage avant que les charges ne soient finalement abandonnées après plus de dix-huit mois de détention sous différentes formes. Selon les critiques adressées à Gofman, ce dernier n’aurait pas informé les autorités judiciaires des liens entre Elmakayes et son unité militaire.
La Cour suprême demande désormais à la commission de dire d’ici jeudi si elle accepte de rouvrir l’examen du dossier et, le cas échéant, de finaliser ce travail avant le 26 mai.
En théorie, cette nouvelle procédure pourrait conduire la commission à revenir sur sa recommandation initiale en faveur de Gofman. Celle-ci avait été adoptée à une courte majorité de trois voix contre une, le président de la commission, l’ancien président de la Cour suprême Asher Grunis, ayant voté contre en laissant entendre que Gofman n’avait pas dit toute la vérité sur cette affaire.