La rencontre secrète entre Shimon Peres et le roi Hussein révélée 33 ans plus tard
Des documents dévoilent les coulisses d’une réunion clandestine organisée à Amman en 1993, moins d’un an avant la signature du traité de paix entre Israël et la Jordanie.


De nouveaux documents révèlent le contenu d’une rencontre secrète organisée en novembre 1993 entre le ministre israélien des Affaires étrangères de l’époque, Shimon Peres, et le roi Hussein de Jordanie.
Les archives ont été publiées mardi par le Centre Peres pour la paix et l’innovation, à l’occasion du dixième anniversaire de la mort de l’ancien président israélien. Elles comprennent des extraits du compte rendu de cette réunion tenue dans le palais royal à Amman sous le sceau du secret.
Des précautions particulières avaient été prises afin d’éviter que Shimon Peres ne soit identifié, jusqu’à modifier son apparence lors de son déplacement.
Selon les documents, le palais jordanien avait informé Israël le 26 octobre 1993 que le roi Hussein souhaitait rencontrer le chef de la diplomatie israélienne. Le souverain considérait Shimon Peres comme un interlocuteur créatif et voulait accélérer les discussions susceptibles de conduire à un accord.
Au cours de la rencontre, Shimon Peres a présenté sa vision d’une coopération économique régionale fondée sur des infrastructures communes, notamment dans les domaines portuaire, aérien et routier.
Le roi Hussein a de son côté insisté sur l’urgence de parvenir à la paix et sur sa volonté de garantir un avenir plus sûr aux nouvelles générations.
« L’Histoire ressemble à un cheval lancé au galop. Soit vous montez dessus, soit vous en descendez, et le cheval poursuit sa course sans vous », avait-il déclaré. « Nous ne disposons pas de beaucoup de temps. »
Shimon Peres lui avait répondu qu’un soutien populaire important existait en faveur d’un accord, estimant que les jeunes générations étaient lassées « des guerres, de la pauvreté et de l’absence de liberté ».
Les deux hommes avaient paraphé cette nuit-là un mémorandum d’entente. Shimon Peres devait ensuite présenter les avancées obtenues au Premier ministre Yitzhak Rabin, avec lequel il affirmait travailler « main dans la main ».
Moins d’un an plus tard, en octobre 1994, Israël et la Jordanie signaient leur traité de paix dans la vallée de l’Arava. Cet accord demeure l’un des piliers des relations régionales d’Israël, malgré les périodes de tensions entre les deux pays.
Le Centre Peres décrit aujourd’hui cet échange comme une forme de « testament pour la paix » laissé par deux dirigeants déterminés à transformer la région.