Les autorités orthodoxes menacent de rompre toute coopération avec la police israélienne
Les élus orthodoxes menacent notamment de retirer les bâtiments municipaux actuellement mis à disposition des commissariats dans plusieurs villes haredies


La crise autour de la conscription des étudiants des yeshivot franchit un nouveau cap en Israël. Le Forum des autorités locales orthodoxes (haredies), dirigé par le maire de Beitar Illit, Meir Rubinstein, a adressé un ultimatum au chef de la police israélienne, Danny Levy, menaçant de mettre fin à l'ensemble des coopérations entre les municipalités haredies et les forces de l'ordre.
Cette décision intervient en réaction à la vague d'arrestations visant des étudiants de yeshiva accusés de ne pas avoir répondu aux convocations de l'armée. Dans une lettre particulièrement virulente, les responsables municipaux estiment que ces opérations ont provoqué une rupture de confiance profonde avec la police.
Les élus orthodoxes menacent notamment de retirer les bâtiments municipaux actuellement mis à disposition des commissariats dans plusieurs villes haredies, de mettre un terme aux programmes de police communautaire et de suspendre les projets sociaux menés conjointement avec les autorités, y compris le programme gouvernemental "Ville sans violence". Ils évoquent également la possibilité d'un appel des principales autorités rabbiniques à couper tout contact institutionnel avec la police.
Le courrier met en garde contre les conséquences sécuritaires d'une telle rupture, affirmant que la perte de confiance pourrait décourager certains habitants de signaler des incidents ou des situations dangereuses. Les signataires accusent par ailleurs la police de se plier aux directives du parquet général et de la procureure générale, qu'ils tiennent pour responsables de la politique actuelle de conscription des étudiants religieux.
Dans sa conclusion, le Forum des autorités locales orthodoxes avertit que la poursuite des arrestations risque d'entraîner une radicalisation croissante d'une population de plus d'un million de personnes. Cette menace intervient alors que les tensions entre l'État et une partie du monde haredi ne cessent de s'intensifier autour de la question du service militaire obligatoire.