Loi sur la conscription : le revirement qui coûte cher au chef de la police israélienne
Après avoir refusé d’aider Tsahal à arrêter les déserteurs ultra-orthodoxes, le chef de la police israélienne a changé de cap. Une décision qui continue de susciter des tensions.


La controverse autour de la conscription des ultra-orthodoxes continue de secouer Israël, avec la police désormais au cœur d’un débat qui, à l’origine, ne la concernait pas directement.
Selon une analyse publiée par le journaliste spécialisé dans les questions policières Moshe Steinmetz, le tournant remonte à septembre 2025, lorsque la police israélienne avait annoncé à la procureure générale qu’elle refusait de participer à l’arrestation des déserteurs ultra-orthodoxes recherchés par l’armée.
Officiellement, la police invoquait un manque d’effectifs et des préoccupations liées au maintien de l’ordre. Mais cette décision avait immédiatement suscité une vive controverse politique et juridique.
Face aux critiques de la procureure générale et de la Cour suprême israélienne, le commissaire général de la police, Danny Levy, a finalement fait marche arrière plusieurs mois plus tard.
Il a ordonné aux policiers d’interpeller les déserteurs identifiés lors de contrôles et de reprendre la coopération avec la police militaire lors des opérations ciblées.
Mais selon l’auteur de l’analyse, ce changement de politique n’a pas permis d’effacer les conséquences de la décision initiale.
Dans les faits, la coopération entre la police et l’armée resterait limitée, tandis que la police est devenue l’une des principales cibles de la colère d’une partie du public ultra-orthodoxe.
Les tensions se sont traduites par des manifestations, des affrontements avec les forces de l’ordre et des menaces de rupture de coopération entre certains responsables communautaires et les autorités.
L’analyse souligne également que Danny Levy a déjà été contraint de revenir sur plusieurs décisions controversées depuis sa prise de fonctions, notamment dans des dossiers liés à la gestion interne de la police et à certaines polémiques médiatiques.
Pour Moshe Steinmetz, la capacité du chef de la police à corriger ses erreurs est une qualité, mais ces revirements successifs finissent par avoir un coût élevé, tant pour son image que pour l’institution qu’il dirige.