Plus de 40 organisations israéliennes soutiennent les réalisateurs de NAZA
Quarante-trois organisations dénoncent les menaces visant Yuval Abraham et Rachel Szor ainsi que les appels à leur retirer la citoyenneté israélienne.


Quarante-trois organisations israéliennes de défense des droits humains, de l’égalité et de la paix ont publié une déclaration commune en soutien aux réalisateurs du documentaire NAZA, Yuval Abraham et Rachel Szor.
Les deux cinéastes font l’objet de menaces et de vives critiques en Israël depuis que leur film a remporté le Prix spécial du jury à la Mostra de Venise. Des graffitis représentant leurs visages accompagnés du mot « traîtres » ont notamment été découverts à Ashdod.
Le documentaire, qui n’a pas encore bénéficié d’une sortie publique à grande échelle, s’appuie notamment sur les témoignages anonymes de 24 Israéliens présentés comme ayant servi dans l’armée ou les services de renseignement. Il examine l’utilisation de systèmes d’intelligence artificielle dans la sélection des cibles à Gaza.
Le ministre israélien de la Culture, Miki Zohar, a qualifié le film d’« acte de trahison » et appelé au retrait de la citoyenneté israélienne de ses créateurs. Il a également réclamé une enquête sur les sources anonymes utilisées dans le documentaire.
Dans leur déclaration commune, les 43 organisations demandent aux autorités de mettre fin aux menaces et de renoncer aux appels à poursuivre les réalisateurs ou à leur retirer leur nationalité.
« La citoyenneté n’est pas une récompense accordée par le régime ou le gouvernement, mais un droit fondamental appartenant à chacun d’entre nous », écrivent-elles. Elles estiment que les réactions institutionnelles contre le film rappellent les méthodes employées par des régimes autoritaires.
Les signataires insistent également sur la protection de la liberté d’expression, de la presse et de la création artistique, estimant que les tentatives d’intimidation risquent de s’étendre à d’autres voix critiques.
Les organisations reconnaissent toutefois que la plupart de leurs représentants n’ont pas encore visionné NAZA. Elles affirment que leur soutien porte avant tout sur les droits des réalisateurs et sur la nécessité d’enquêter de manière indépendante sur les accusations présentées dans le documentaire.
Une pétition distincte a également recueilli la signature de plus de 1 500 professionnels israéliens du cinéma, selon The Guardian. Ceux-ci alertent sur les risques que les menaces et la campagne d’hostilité pourraient faire peser sur la sécurité physique de Yuval Abraham et Rachel Szor.
Le Comité pour la protection des journalistes a également appelé les autorités israéliennes à mettre fin aux menaces de poursuites judiciaires, rappelant le rôle central de la liberté de la presse dans une démocratie.
Les affirmations présentées dans NAZA restent contestées en Israël. Le film poursuit actuellement sa diffusion dans plusieurs festivals internationaux avant sa sortie auprès du grand public.