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Tsahal accuse le film NAZA de présenter une vision « déformée et trompeuse » de ses procédures de frappe à Gaza


L’armée israélienne conteste les accusations du film sur le choix des cibles, l’usage de l’intelligence artificielle et la prise en compte des risques pour les civils.

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Le chef d'état-major de Tsahal Eyal Zamir
Le chef d'état-major de Tsahal Eyal Zamir Tsahal

Tsahal rejette les accusations formulées dans le film NAZA, consacré aux procédures de sélection des cibles et de frappe dans la bande de Gaza. Dans une réponse détaillée, l’armée israélienne accuse ses réalisateurs de présenter une image « déformée, trompeuse et fallacieuse » de son fonctionnement, fondée sur d’importantes erreurs factuelles et des omissions.

L’armée précise toutefois ne pas avoir reçu de copie du film, malgré sa demande. Elle indique avoir établi sa réponse à partir du compte rendu détaillé d’un représentant ayant assisté à une projection publique et d’autres descriptions accessibles au public. Elle reproche également aux réalisateurs de ne pas lui avoir soumis leurs accusations avant la diffusion.

Au cœur de sa réponse, Tsahal affirme que ses directives distinguent explicitement les membres des groupes armés des civils non impliqués dans les combats. Selon l’armée, cette distinction fonde la préparation des frappes, interdit de viser intentionnellement des civils et impose de réduire autant que possible les risques pour eux.

Tsahal nie notamment avoir planifié, autorisé ou mené une frappe à Gaza dont le bilan prévisible aurait été de 500 morts civils, ou d’un nombre approchant. Elle affirme également qu’aucune accusation sérieuse n’a établi qu’une de ses frappes avait provoqué un bilan de cette ampleur.


L’armée conteste aussi l’existence d’autorisations automatiques reposant sur un nombre prédéfini de victimes civiles potentielles, comme 20 personnes pour une frappe contre un membre subalterne ou 200 pour un haut responsable.

Concernant l’intelligence artificielle, Tsahal assure qu’elle n’a « jamais sélectionné de manière autonome des cibles à frapper ». L’identification des cibles relève, selon elle, d’officiers du renseignement habilités, la préparation des frappes de professionnels compétents et la décision finale de commandants opérationnels.

L’armée précise que « Lavender » constitue une base de données destinée à assister les analystes du renseignement et non une liste de cibles dont la frappe aurait déjà été approuvée.


Elle souligne également qu’un avertissement d’évacuation ne donne pas l’autorisation de frapper une zone sans tenir compte des civils qui y restent.

Tsahal reproche au film de ne montrer qu’une partie du processus décisionnel. Selon sa réponse, plusieurs personnes interrogées, présentées comme d’anciens membres du renseignement militaire, décrivent surtout des étapes préliminaires, sans rendre compte de l’ensemble des procédures de préparation et d’autorisation des frappes.

L’armée estime que certains témoignages reposent sur des suppositions ou des impressions sans fondement factuel. Elle accuse les réalisateurs d’avoir laissé de côté d’autres acteurs essentiels : les professionnels chargés de limiter les dommages aux civils, les conseillers juridiques et les commandants qui approuvent ou refusent les opérations.

Elle dénonce également un manque de contexte sur les raisons sécuritaires de l’intervention israélienne après l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 et sur ce qu’elle décrit comme la stratégie du mouvement consistant à s’implanter au sein de la population civile.


Selon Tsahal, ses procédures de protection des civils ont conduit à demander des renseignements supplémentaires, à modifier des plans, à annuler des frappes et à renoncer à certaines possibilités militaires. L’armée cite notamment les avertissements avant les attaques, le choix des munitions, l’adaptation des opérations et la facilitation de l’aide humanitaire.

La réponse revient aussi sur le titre du film. NAZA est un acronyme de l’expression hébraïque « Nezek Agavi », qui signifie « dommages collatéraux ». Tsahal explique que l’évaluation des pertes civiles prévisibles sert à examiner la légalité d’une frappe et à déterminer les précautions nécessaires.

L’armée accuse le film de présenter ces évaluations comme une preuve d’indifférence à la vie des civils. Elle soutient, au contraire, qu’elles permettent aux commandants de modifier une opération ou de l’annuler lorsque les risques le justifient.

Tsahal reconnaît le poids moral décrit par plusieurs témoins. « Ce poids moral est réel, et Tsahal ne le minimise pas », affirme le communiqué. L’armée considère néanmoins que cette difficulté ne démontre pas, à elle seule, que les décisions prises étaient illégales ou traduisaient une indifférence aux victimes civiles.

Elle conteste enfin l’affirmation selon laquelle elle négligerait les conséquences de ses frappes. Elle assure procéder à des évaluations, y compris en cas de dommages involontaires aux civils, et indique que des centaines d’incidents ont fait l’objet d’examens pendant la guerre.

Tout en qualifiant le film de « manifeste simpliste porté par une intention clairement définie », Tsahal affirme rester ouverte aux critiques étayées. Elle reconnaît que des erreurs et des défaillances se sont produites durant les combats et précise que les soupçons de violation du droit ou de ses directives peuvent conduire à des mesures disciplinaires, à des enquêtes pénales ou à d’autres procédures.

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