Tsahal alerte sur une crise de recrutement : "Sans loi sur la conscription, tout le système sera perturbé"
En l’absence d’une loi sur la conscription et l’allongement du service, la fatigue accumulée des soldats réguliers et des réservistes pourrait désorganiser l’ensemble du système dès 2027.


Tsahal a alerté ce dimanche le pouvoir politique sur une crise profonde de ses effectifs, dans un contexte de guerre prolongée et d’engagement simultané sur sept fronts. Selon les données présentées par l’armée, l’épuisement touche à la fois les soldats du service régulier et les réservistes, alors que des milliers de blessés ont été retirés des unités combattantes depuis le début de la guerre.
Le poids repose de plus en plus sur les réservistes. Pour 2026, après l’opération « Rugissement du lion », l’armée prévoit entre 80 et 100 jours de réserve par personne, contre une estimation initiale de 55 jours. Avant le massacre du 7-Octobre, la norme était d’environ 21 jours tous les trois ans. Cette explosion du nombre de jours mobilisés pèse lourdement sur la vie personnelle, familiale et professionnelle des réservistes.
Le cœur du problème concerne le manque de soldats. Tsahal estime qu’il lui manque environ 12 000 militaires du service obligatoire, dont 6 000 à 7 500 combattants. Or l’allongement du service obligatoire à 36 mois, comme par le passé, reste bloqué à la Knesset, car il est lié au dossier politiquement explosif de la loi sur la conscription des orthodoxes.
L’armée avertit qu’en janvier 2027, une « chute dramatique » des effectifs réguliers est attendue pendant deux mois, en raison du passage prévu à un service de 30 mois. Dans l’armée, cette échéance est décrite comme une « chute du rythme cardiaque » susceptible de désorganiser tout le système si aucune législation n’est adoptée rapidement.
La question orthodoxe reste centrale. Tsahal affirme avoir recensé environ 38 000 réfractaires, en très grande majorité issus du secteur haredi. En parallèle, l’armée dit être prête, si une loi adaptée est votée, à intégrer environ 8 160 soldats orthodoxes par an. Le recrutement de combattants haredim a déjà atteint un record cette année, avec environ 3 000 enrôlements.
Autre évolution majeure : la forte hausse du nombre de femmes combattantes. Elles étaient 547 en 2012 ; elles sont désormais 5 200 en 2025, soit environ 21 % de l’ensemble des combattants de Tsahal.
« Si nous ne faisons rien maintenant sur le plan législatif, la situation va s’aggraver et perturber tout le système », prévient une source militaire. Selon elle, soldats réguliers et réservistes « paient le prix » d’un blocage politique qui empêche l’armée de respirer, de s’entraîner et de renouveler ses forces.