Une ancienne porte-parole de Tsahal rejoint Breaking the Silence et dénonce les méthodes de communication de l'armée
"L'objectif de notre travail auprès du public israélien était de renforcer sa confiance. Le droit du public à l'information était, au mieux, secondaire", affirme Ayelet Kreuzer


Une ancienne soldate de l'unité du porte-parole de Tsahal a provoqué une vive polémique sur les réseaux sociaux en annonçant son arrivée au sein de l'organisation Breaking the Silence (Shovrim Shtika - Briser le silence), connue pour ses critiques de l'armée israélienne. Ayelet Kreuzer, libérée de ses obligations militaires il y a environ six mois, occupe désormais le poste de porte-parole de l'ONG. Dans un message publié sur X, elle affirme avoir découvert, pendant son service, un décalage entre la réalité sur le terrain et la manière dont l'armée la présente au public.
Ancienne membre de la communauté orthodoxe, la jeune femme, âgée d'une vingtaine d'années, explique s'être engagée dans Tsahal avec la volonté de défendre son pays. "Je n'aurais jamais imaginé qu'au lieu de partir pour un grand voyage ou de commencer mes études, je briserais le silence", écrit-elle, en référence au nom de l'organisation qu'elle vient de rejoindre.
Ayelet Kreuzer met directement en cause les méthodes de communication de l'armée israélienne. Selon elle, le service du porte-parole exerce une influence considérable sur la perception des événements par la population. "L'objectif de notre travail auprès du public israélien était de renforcer sa confiance. Le droit du public à l'information était, au mieux, secondaire", affirme-t-elle.
L'ancienne militaire accuse également son unité d'avoir adapté les informations transmises aux médias en fonction des objectifs de communication. Elle assure avoir vu le terme "terroriste" attribué à des Palestiniens qu'elle considère comme innocents et affirme que les communiqués étaient rédigés en fonction du public visé. "J'ai appris à annoncer des dizaines de morts dans une seule frappe et à ajouter automatiquement que nous déplorions toute atteinte aux personnes non impliquées", écrit-elle.
Ces déclarations, qui constituent des accusations personnelles de l'ancienne soldate et ne sont pas accompagnées d'éléments de vérification indépendants, ont suscité une polémique après l'annonce de son recrutement par Breaking the Silence. Tsahal n'a, à ce stade pas réagi à ces accusations.