Yehuda Widawski, plus ancien survivant de la Shoah en Israël, meurt à 107 ans
Rescapé du ghetto de Lodz et d’Auschwitz, Yehuda Widawski est mort à 107 ans. Il avait consacré plusieurs décennies à préserver la mémoire juive en Pologne.


Yehuda Aharon Widawski, considéré comme le plus ancien survivant de la Shoah vivant en Israël, est décédé dimanche soir à l’âge de 107 ans, à la veille de Rosh Hashana.
Né en Pologne en 1919, il avait été enfermé avec sa famille dans le ghetto de Lodz après l’invasion nazie. Déporté par la suite à Auschwitz-Birkenau, il y avait perdu ses parents ainsi que la plupart de ses frères et sœurs.
Avec son frère Jehoszua, il avait survécu à une sélection menée par Josef Mengele. Huit jours plus tard, les deux hommes avaient été transférés au camp de travail de Friedland, avant d’être libérés par l’Armée rouge en 1945.
Après la guerre, Widawski avait participé aux efforts d’approvisionnement en armes de l’Irgoun en Europe. Il avait ensuite immigré en Israël en 1950, où il avait fondé une famille nombreuse et vécu suffisamment longtemps pour connaître la cinquième génération de ses descendants.
À partir de la fin des années 1970, il était retourné à plusieurs reprises en Pologne afin de retrouver et restaurer des cimetières juifs, des fosses communes et des pierres tombales historiques laissées à l’abandon ou profanées.
Son engagement lui avait valu d’être choisi en 2012 pour allumer une torche lors de la cérémonie nationale de Yom HaShoah à Yad Vashem. Il était également devenu une figure importante des communautés hassidiques de Sochatchov et de Modzitz.
Le président israélien Isaac Herzog a salué la mémoire de Widawski, rappelant l’avoir reçu à la résidence présidentielle lorsqu’il avait 104 ans.
Herzog a notamment souligné que son travail avait contribué à identifier plus de 3 000 tombes en Pologne. Il a également rappelé une phrase de Widawski, qui considérait que sa revanche contre les nazis résidait dans leur défaite et dans l’existence de l’État d’Israël.
Pour le président israélien, son parcours restera ainsi un témoignage de la victoire de la vie et de la mémoire sur la destruction.