Yom HaShoah : la sirène du souvenir déclenchée par un fils de survivants et sa petite-fille officier de Tsahal
"Voir ma petite-fille en uniforme, à mes côtés, incarne la victoire de la vie et de la continuité"


La sirène nationale marquant la Journée du souvenir de la Shoah et de l’héroïsme (Yom HaShoah Velagvura) a été déclenchée cette année par un duo symbolique : Miki Zamir, fils de survivants de la Shoah, et sa petite-fille, la major Noa Zamir, officier au sein du commandement du front intérieur de Tsahal. Ensemble, ils ont appuyé sur le bouton depuis le centre d’alerte, donnant le signal de deux minutes de recueillement observées dans tout le pays.
Derrière ce geste, une histoire familiale marquée par la tragédie et la résilience. Le père de Miki, Herman Singer, né en 1920, a survécu à plusieurs camps de concentration, dont Auschwitz, où il a perdu une grande partie de sa famille. Contraint de travailler dans les installations liées aux expériences du médecin nazi Josef Mengele, il a également survécu aux marches de la mort avant de retourner en ex-Yougoslavie à la fin de la guerre. Sa future épouse, Miriam, également originaire de la région, a traversé elle aussi les épreuves du conflit. Le couple s’est marié après la guerre et a émigré en Israël en 1949, où il a fondé une famille.
Leur fils Miki, né en 1946, a grandi dans l’ombre de ce passé douloureux, qu’il s’est attaché à transmettre. Avec son épouse, elle aussi issue de familles de survivants, il a fondé une famille nombreuse, aujourd’hui composée d’enfants et de petits-enfants engagés dans la préservation de cette mémoire.
Lors de la cérémonie, Miki Zamir a souligné la portée de ce moment : "Grâce à mon père, qui a survécu à Auschwitz, nous sommes ici aujourd’hui. Voir ma petite-fille en uniforme, à mes côtés, incarne la victoire de la vie et de la continuité." De son côté, la major Noa Zamir a évoqué la fierté de représenter cette troisième génération, rappelant l’importance de transmettre l’histoire et de préserver la mémoire des victimes.
À travers ce geste, Israël a une nouvelle fois mis en lumière le lien profond entre mémoire et transmission, alors que les survivants disparaissent progressivement et que la responsabilité de porter leur héritage repose désormais sur les générations suivantes.