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Entendue par l'unité Lahav 433, la députée Sharren Haskel confirme : « On m'a ordonné de filmer mon vote »
Au cours de son audition, elle a affirmé que l'ordre de filmer son bulletin de vote lors du scrutin secret avait été donné par le député Michel Buskila


La députée Sharren Haskel a été entendue ce dimanche par les enquêteurs de l'unité Lahav 433 dans le cadre de l'enquête sur les irrégularités présumées ayant entaché l'élection du contrôleur de l'État. Au cours de son audition, elle a affirmé que l'ordre de filmer son bulletin de vote lors du scrutin secret avait été donné par le député Michel Buskila, président du groupe parlementaire HaYamin HaMamlakhti (« La Droite de l'État »).
Selon les informations rapportées par la presse israélienne, Sharren Haskel a expliqué aux enquêteurs que cette consigne visait à prouver que les députés avaient bien voté pour le candidat soutenu par la coalition. Son témoignage vient renforcer les soupçons d'atteinte au principe du vote secret, au cœur de l'enquête menée par la police.
Cette audition intervient quelques jours après la déclaration sous serment déposée par la députée devant la Haute Cour de justice. Elle y affirmait que les élus de son groupe avaient reçu pour instruction de soutenir le candidat du Likoud, sans véritable consultation interne, et qu'ils avaient été contraints de filmer leur vote puis de présenter l'enregistrement au Premier ministre Benjamin Netanyahou comme preuve de leur loyauté.
L'affaire a déjà eu d'importantes conséquences institutionnelles. Saisie par plusieurs recours, la Cour suprême a annulé le premier scrutin, estimant que le secret du vote, garanti par la loi, avait été compromis. Les juges ont considéré que les pressions exercées sur certains députés et l'obligation présumée de photographier leur bulletin étaient incompatibles avec les règles encadrant l'élection du contrôleur de l'État.
Parallèlement, la police a ouvert une enquête pénale pour déterminer les responsabilités dans cette affaire et établir si des infractions ont été commises.
En réponse, le président du parti Nouvel Espoir, Gideon Sa'ar, a déposé une déclaration sous serment dans laquelle il rejette fermement les accusations de Sharren Haskel. Il dément que les députés du camp HaYamin HaMamlakhti aient été contraints de filmer leur vote lors de l'élection du contrôleur de l'État et d'en présenter la preuve au Premier ministre Benjamin Netanyahou.
Gideon Sa'ar qualifie ces affirmations de « fausses » et estime qu'elles sont sans lien avec la requête examinée par la Cour suprême. Selon lui, ces accusations ont été formulées a posteriori dans le seul but de servir les intérêts de la députée et de jeter le discrédit sur les responsables du parti. Dans sa déclaration, il affirme que ces allégations « doivent être rejetées catégoriquement », les qualifiant de « spéculatives » et de « mensongères », et accuse Sharren Haskel de chercher à présenter de manière déformée le fonctionnement interne de la formation politique.
Les déclarations de Sharren Haskel constituent un nouvel élément dans ce dossier sensible, qui met en cause les méthodes employées au sein de la coalition lors d'un scrutin censé se dérouler à bulletin secret et à l'abri de toute pression politique. L'enquête de Lahav 433 se poursuit.