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Le ministère des Finances alerte sur le coût économique de la loi fondamentale sur l'étude de la Torah
Selon les experts du ministère, le projet de loi risque d'alourdir la charge fiscale pesant sur les Israéliens actifs tout en aggravant les difficultés de recrutement de Tsahal


Le ministère israélien des Finances met en garde contre les conséquences économiques et sécuritaires de la proposition de loi fondamentale sur l'étude de la Torah, adoptée en première lecture la semaine dernière à la Knesset. Dans un avis transmis au gouvernement, il estime que ce texte pourrait coûter « des centaines de milliards de shekels » à l'économie israélienne à long terme.
Selon les experts du ministère, le projet de loi risque d'alourdir la charge fiscale pesant sur les Israéliens actifs tout en aggravant les difficultés de recrutement de Tsahal. Ils soulignent que la mobilisation prolongée des réservistes depuis le 7 octobre 2023 a déjà un impact significatif sur l'économie et que l'armée a plus que jamais besoin d'élargir son vivier de conscrits.
Le ministère estime que l'intégration des hommes orthodoxes (haredim) au service militaire constitue désormais un enjeu non seulement sécuritaire, mais également économique. Selon son analyse, la nouvelle loi pourrait affaiblir les mécanismes destinés à encourager leur incorporation, compliquant davantage les efforts de l'armée pour faire face à ses besoins en effectifs et accentuant la pression sur les réservistes.
L'avis met également en garde contre un recul de la participation des hommes haredim au marché du travail. Une telle évolution, prévient le ministère, pèserait sur la croissance, réduirait les recettes fiscales de l'État et limiterait sa capacité à financer les services publics.
Sur le plan juridique, le ministère des Finances estime que le texte pourrait modifier l'équilibre constitutionnel en consacrant l'étude de la Torah comme une valeur supérieure susceptible de primer sur d'autres intérêts nationaux. Il craint notamment que cette nouvelle hiérarchie des principes n'influence les arbitrages budgétaires, l'attribution des ressources publiques et les dispositifs liés aux obligations militaires.
Le projet de loi, adopté en première lecture par 63 voix contre 53, vise à inscrire l'étude de la Torah parmi les valeurs fondamentales de l'État d'Israël. Ses promoteurs affirment qu'il s'agit de rééquilibrer les principes fondamentaux de l'État et de répondre à la demande de la Cour suprême de clarifier le cadre juridique de l'exemption du service militaire accordée aux étudiants des yeshivot.
Le vote a toutefois mis en évidence des divisions jusque dans la coalition gouvernementale. Les députés Dan Illouz et Yuli Edelstein (Likoud), ainsi que Sharren Haskel, ont voté contre le texte. La députée Michal Waldiger l'a soutenu malgré les réserves qu'elle avait exprimées publiquement sur sa rédaction.
À la suite de ce vote, le chef d'état-major, le général Eyal Zamir, a rappelé que « les soldats et les commandants des forces régulières, permanentes et de réserve constituent la ressource la plus précieuse de l'État d'Israël ». Il a appelé les autorités à faire des militaires et de leurs familles une priorité dans les décisions de l'État et dans l'allocation des ressources publiques.