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"Ils doivent choisir entre leurs médicaments et leurs repas" : la situation critique des rescapés de la Shoah en Israël
« Beaucoup ne reçoivent rien ou pas grand-chose », déplore-t-elle, évoquant des personnes âgées vivant seules, parfois sans visites régulières.


Dans un contexte de guerre et de tensions accrues en Israël, la situation des rescapés de la Shoah se détériore silencieusement. Invitée à témoigner, Aline Gutelman, fondatrice de l’association GAL, dresse un constat alarmant : « Ils devront choisir souvent entre leurs médicaments ou leurs repas ». Une réalité brutale pour ces survivants, déjà marqués par l’histoire, et aujourd’hui confrontés à la précarité et à l’isolement.
Sur le terrain, l’association constate une aggravation des difficultés depuis les dernières semaines de conflit. « Beaucoup ne reçoivent rien ou pas grand-chose », déplore-t-elle, évoquant des personnes âgées vivant seules, parfois sans visites régulières, dans un climat d’insécurité rythmé par les alertes et les bombardements. La guerre, en réduisant les déplacements, accentue encore cet isolement.
Créée il y a plus d’une décennie, GAL s’efforce d’apporter une réponse concrète à cette détresse. Grâce à des dons collectés lors d’événements, l’association distribue des cartes alimentaires permettant aux bénéficiaires de se nourrir dignement et de conserver une forme d’autonomie. « C’est très important pour nous […] que ces gens qui ont vécu l’horreur soient considérés », insiste Aline Guttelmann.
Mais au-delà de l’aide matérielle, c’est une question morale qui est posée. « Ce n’est pas encore assez », alerte-t-elle, appelant le public à se mobiliser, même modestement. Pour elle, chaque geste compte : « Aidez-nous à les aider, c’est vraiment une grande mitzvah ».
Derrière les chiffres, ce sont des histoires individuelles qui émergent, souvent marquées par la déportation, la séparation et la perte. Des parcours qui rappellent l’ampleur de la tragédie vécue et la responsabilité collective de ne pas abandonner ces survivants.
À l’heure où l’actualité est dominée par les crises géopolitiques, le témoignage d’Aline Gutelman rappelle une urgence plus discrète mais tout aussi essentielle : celle de garantir à ceux qui ont survécu à l’indicible une fin de vie digne.