Des chercheurs israéliens créent une « éponge » capable de dégrader les marées noires
Conçu à l’Université Ben-Gourion, cet aérogel absorbe jusqu’à 100 fois son poids en hydrocarbures et favorise leur élimination par des bactéries.


Des chercheurs de l’Université Ben-Gourion du Néguev ont développé un matériau capable à la fois de capturer les hydrocarbures déversés dans l’eau et d’accélérer leur dégradation biologique.
L’innovation prend la forme d’un aérogel poreux fabriqué à partir de fibres de cellulose pouvant provenir de journaux, de cartons d’œufs et d’autres déchets en papier. Lors des essais en laboratoire, il a absorbé entre 80 et 100 fois son propre poids en pétrole brut, carburant, goudron et autres hydrocarbures.
Le matériau est enrichi en azote et en phosphore, des nutriments qui favorisent le développement de bactéries capables de se nourrir du pétrole. L’aérogel offre ainsi une surface sur laquelle ces micro-organismes peuvent se fixer et entrer en contact avec les substances polluantes.
Cette double action permettrait de contenir immédiatement une nappe d’hydrocarbures, puis de la dégrader progressivement. Selon le professeur Ariel Kushmaro, qui dirige le projet avec la docteure Danit Lisa Karsagi Biron, le pétrole pourrait disparaître en deux à trois semaines.
Hydrophobe et biodégradable, l’aérogel flotte à la surface de l’eau et pourrait être largué depuis un avion lorsqu’une marée noire se produit en pleine mer. À terme, les chercheurs souhaitent que les navires en transportent afin de pouvoir intervenir dès les premières minutes d’une fuite.
La technologie, actuellement en cours de brevetage, n’a toutefois été testée qu’en laboratoire. Des essais en conditions réelles, notamment dans une marina polluée, devront encore être menés avant une éventuelle commercialisation. Le groupe énergétique Shell aurait déjà sollicité des informations sur cette invention.