Spécial week-end | De Sally Ride à Christina Koch : le long combat des femmes pour conquérir l’espace
Selon Christina Koch, l’exploration spatiale ne peut pleinement répondre aux aspirations de l’humanité que si elle est menée "avec tout le monde, pour tout le monde"


Longtemps dominé par les hommes, le monde des astronautes s’ouvre progressivement aux femmes, mais celles-ci restent encore largement minoritaires. En 2026, moins d’une centaine de femmes portent ce titre. Un nouveau jalon a été franchi récemment avec la participation de Christina Koch à la mission Artemis 2, qui fait d’elle l’une des femmes ayant été le plus proche de la Lune. Seule femme de l’équipage, elle incarne une nouvelle génération d’astronautes issues de parcours scientifiques et opérationnels exigeants.
Avant de rejoindre la NASA, Christina Koch a travaillé dans des conditions extrêmes, notamment en Antarctique, où elle a passé plusieurs hivers dans des stations de recherche, ainsi que dans des équipes de secours en milieux hostiles. Une préparation qui l’a menée à son premier vol spatial en 2019, au cours duquel elle a séjourné 328 jours à bord de la Station spatiale internationale, établissant un record féminin. Elle a également participé à la première sortie extravéhiculaire entièrement féminine, aux côtés de Jessica Meir, non sans obstacles : à l’époque, une seule combinaison spatiale adaptée à leur taille était disponible.
Ces difficultés illustrent les barrières historiques auxquelles les femmes ont été confrontées dans le secteur spatial. Dès les débuts de la conquête spatiale, les critères de sélection favorisaient les pilotes d’essai militaires, un métier exclusivement masculin à l’époque. Ce choix, validé malgré les propositions initiales d’ouvrir le recrutement à des profils scientifiques plus diversifiés, a retardé l’accès des femmes à l’espace côté américain. C’est finalement l’URSS qui a ouvert la voie en envoyant Valentina Tereshkova dans l’espace en 1963, bien avant que les États-Unis ne suivent près de vingt ans plus tard.
Aux États-Unis, des figures pionnières ont contribué à faire évoluer les mentalités, comme la mathématicienne Katherine Johnson, dont les calculs ont été essentiels aux premières missions spatiales, ou encore Sally Ride, première Américaine dans l’espace. Cette dernière avait d’ailleurs raconté les hésitations parfois absurdes de la NASA face à l’arrivée des femmes, évoquant par exemple la préparation d’une trousse de maquillage ou des interrogations sur la quantité de produits d’hygiène à emporter.
Malgré des progrès indéniables, les femmes restent encore sous-représentées dans le domaine spatial. Christina Koch elle-même a souligné l’importance de poursuivre les efforts pour rendre ce secteur plus inclusif. Selon elle, l’exploration spatiale ne peut pleinement répondre aux aspirations de l’humanité que si elle est menée "avec tout le monde, pour tout le monde". Un message qui résonne alors que de nouvelles missions ambitieuses, comme Artemis, entendent écrire un chapitre plus égalitaire de la conquête spatiale.