Football, terrorisme et propagande : le rapport israélien qui cible Jibril Rajoub
Le président de la Fédération palestinienne de football est un ancien cadre du Fatah condamné par le passé à une peine de prison à vie pour des activités terroristes


Un rapport publié ce dimanche par le ministère israélien des Affaires de la Diaspora et de la Lutte contre l’antisémitisme accuse Jibril Rajoub, président de la Fédération palestinienne de football et du Comité olympique palestinien, d’exploiter le monde du sport pour diffuser des messages hostiles à Israël et promouvoir une rhétorique antisémite.
Selon cette étude, Rajoub, ancien cadre du Fatah condamné par le passé à une peine de prison à vie pour des activités terroristes, aurait transformé ses fonctions dans les instances sportives palestiniennes en plateforme politique, en s’appuyant sur la visibilité internationale du football et de l’olympisme pour défendre des positions qualifiées d’extrémistes par le ministère israélien.
Le rapport affirme que Rajoub entretient des liens avec différents acteurs liés au terrorisme et qu’il occupe une position d’intermédiaire entre plusieurs sphères : les dirigeants palestiniens, le Hamas, l’Iran et le Hezbollah. Les auteurs du document estiment que le sport est devenu pour lui un moyen de mener une campagne de légitimation politique sur la scène internationale.
Parmi les éléments cités dans l’étude figure l’organisation de compétitions sportives portant les noms de figures palestiniennes impliquées dans des attentats, ainsi que sa participation à des événements rendant hommage à des responsables d’attaques terroristes. Le rapport accuse également Rajoub de présenter certains auteurs d’attentats comme des modèles à travers des initiatives liées au sport.
Le ministère israélien identifie quatre axes majeurs dans les prises de parole publiques de Jibril Rajoub : la délégitimation d’Israël, présenté selon lui comme un État colonial temporaire ; le soutien à la « résistance armée » ; des déclarations qualifiées d’antisémites, incluant des comparaisons entre Israël et le nazisme ; ainsi que la glorification de figures liées au terrorisme.
Le rapport revient notamment sur plusieurs déclarations controversées attribuées à Rajoub, dont une comparaison récente entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et Adolf Hitler. Il souligne également ses liens passés avec Yahya Sinwar, ancien chef du Hamas à Gaza, qu’il aurait côtoyé durant une période de détention commune et qu’il aurait ensuite décrit comme un « dirigeant pragmatique » dans une interview accordée à la chaîne libanaise Al-Mayadeen. Son frère Nayef Rajoub est présenté dans le rapport comme un responsable du Hamas en Judée-Samarie.
Le ministre israélien de la Diaspora, Amichai Shikli, a déclaré que « Rajoub tente de transformer le sport mondial en une arène au service d’une campagne politique hostile à Israël ». Selon lui, la décision américaine de lui interdire l’entrée sur le territoire, notamment dans le contexte de la Coupe du monde, illustre la gravité des accusations portées contre lui.