- i24NEWS
- Vu sur i24NEWS
- À Auschwitz, Amine Drissi porte la mémoire et le lien judéo-marocain
À Auschwitz, Amine Drissi porte la mémoire et le lien judéo-marocain
Participant à la Marche des vivants à Auschwitz, Amine Drissi met en avant la mémoire de la Shoah et l’héritage judéo-marocain, appelant à renforcer les liens culturels et le dialogue.


Au cœur de la Marche des vivants, la présence d’Amine Drissi ne relève pas du simple témoignage, mais d’une démarche assumée : incarner une mémoire et rappeler une histoire souvent méconnue. Invité sur i24NEWS, le fondateur de Pink Tarbouche a raconté une expérience à la fois personnelle et politique, entre devoir de mémoire et volonté de transmission.
« Il y avait un message derrière cet accoutrement », explique-t-il, évoquant sa tenue traditionnelle marocaine portée lors de la marche. Un symbole destiné à rappeler un fait historique précis : en 1940, le Maroc n’a pas livré sa population juive aux nazis. « Sa Majesté Mohammed V n’a pas livré ses Juifs », insiste-t-il, rappelant qu’environ 250 000 Juifs vivaient alors dans le royaume .
Déjà venu à Auschwitz il y a une dizaine d’années, Amine Drissi décrit un choc intact face à « l’horreur absolue », qu’il considère comme « unique dans l’histoire de l’humanité » . Cette fois, sa participation s’inscrit dans un cadre collectif, avec une délégation du mouvement Charaka composée de leaders du monde arabe. Une initiative qui traduit, selon lui, une évolution des mentalités et une volonté de dialogue.
Au Maroc, affirme-t-il, la mémoire de la Shoah existe, même si elle demeure parfois partielle. Il rappelle notamment la phrase emblématique attribuée à Mohammed V : « Je n’ai pas de Juifs, je n’ai que des Marocains », symbole d’une protection revendiquée et d’un héritage commun .
Au-delà du souvenir, Amine Drissi insiste sur la transmission. À travers son association, il entend promouvoir la culture hébraïque comme composante de l’identité marocaine, inscrite dans la Constitution. Une approche culturelle, plus que religieuse, qui vise à retisser des liens et à combattre les fractures.
Enfin, son discours s’inscrit dans une dynamique plus large, celle des accords d’Abraham et du rapprochement entre Israël et certains pays arabes. « On a tellement de choses à partager avec Israël », souligne-t-il, évoquant des liens humains, historiques et économiques.
À Auschwitz, Amine Drissi ne se contente pas de commémorer : il cherche à construire un récit commun, entre mémoire, identité et avenir.