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Alex Coman : un shekel trop fort devient une menace pour la high-tech israélienne
Selon l'expert économique, une poursuite de cette tendance pourrait devenir « catastrophique » pour certaines entreprises technologiques israéliennes.


Le renforcement spectaculaire du shekel face au dollar constitue à la fois une excellente nouvelle pour les consommateurs israéliens et un danger croissant pour le secteur stratégique de la high-tech, estime l’expert économique Alex Coman. Invité sur i24NEWS, il a analysé les conséquences d’une monnaie israélienne particulièrement forte dans un contexte économique marqué par la baisse de l’inflation et les inquiétudes des exportateurs.
Selon lui, la hausse du shekel profite directement aux Israéliens qui voyagent à l’étranger ou achètent des produits importés. « Les voitures, les vêtements, les produits électroniques coûtent moins cher », explique-t-il, soulignant que cette dynamique contribue aussi à freiner l’inflation, un enjeu majeur pour l’économie israélienne.
Mais derrière cette apparente bonne santé monétaire se cache une réalité beaucoup plus préoccupante pour les entreprises exportatrices, notamment dans la cybersécurité et les technologies. Alex Coman explique qu’un groupe israélien vendant ses services en dollars voit aujourd’hui ses revenus réels diminuer une fois convertis en shekels. « Les sommes en dollars ne suffisent plus à couvrir les loyers et les salaires », affirme-t-il, estimant que certaines entreprises pourraient être contraintes de réduire leurs effectifs.
L’expert souligne que l’industrie israélienne de la high-tech aurait déjà perdu des milliards de shekels en raison de cette appréciation de la monnaie nationale. Il avertit qu’un taux de change tombant à deux shekels pour un dollar représenterait « une catastrophe » pour ce secteur clé de l’économie israélienne.
Face à cette situation, certains appellent la Banque d’Israël à intervenir massivement sur le marché des changes afin d’affaiblir le shekel en achetant des dollars. Mais Alex Coman reste prudent sur l’efficacité réelle d’une telle stratégie à long terme.
Il rappelle notamment l’exemple historique de George Soros face à la Banque d’Angleterre dans les années 1990 pour illustrer les limites du pouvoir des banques centrales face aux marchés financiers.
Pour l’économiste, l’évolution future du shekel dépendra aussi de la confiance des investisseurs étrangers dans l’économie israélienne et dans les perspectives régionales.