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Bertrand Besancenot : "Nous ne souhaitons pas être impliqués directement dans le conflit"
Pour le diplomate, l’Europe apparaît marginalisée face à des acteurs engagés dans des logiques unilatérales, tandis que le risque d’un embrasement régional demeure élevé.


Face à l’escalade entre l’Iran et Israël, la France tente de maintenir une ligne d’équilibre, mais son influence apparaît aujourd’hui limitée. Bertrand Besancenot, ancien ambassadeur en Arabie saoudite et au Qatar, souligne une position claire : Paris refuse toute implication directe dans le conflit, tout en restant lié à ses engagements de sécurité dans le Golfe et attaché à la liberté de navigation dans des axes stratégiques comme le détroit d’Ormuz.
Mais cette posture se heurte à une réalité géopolitique brutale. Ni Washington, ni Jérusalem, ni Téhéran ne semblent prêter une attention déterminante aux Européens. Chacun poursuit sa propre logique : l’Iran dans une fuite en avant, Donald Trump dans une volonté de solder le dossier iranien, et Benjamin Netanyahou dans une stratégie d’achèvement militaire. Dans ce contexte, les appels européens à la désescalade peinent à peser.
Sur le terrain, les tensions s’étendent désormais aux pays du Golfe, directement visés par des frappes iraniennes. Ces États, qui avaient tenté d’éviter la confrontation, se retrouvent aujourd’hui exposés et fragilisés. Entre sentiment de trahison et inquiétude face à l’escalade, ils redoutent un basculement incontrôlable du conflit. Leur principale crainte : des frappes contre les infrastructures vitales, notamment les usines de dessalement, qui constitueraient une rupture stratégique majeure.
Si des négociations sont évoquées, leur issue demeure incertaine tant les positions semblent éloignées. Pour Bertrand Besancenot, le risque d’embrasement régional reste réel. Entre intérêts économiques mondiaux, équilibres sécuritaires fragiles et rivalités de puissance, la guerre actuelle redessine un ordre régional où la diplomatie européenne apparaît reléguée à un rôle secondaire.