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Chine : une dépendance énergétique maîtrisée face aux tensions au Moyen-Orient, selon Daniel Haber
La Chine, largement diversifiée sur le plan énergétique, apparaît relativement protégée des chocs liés au Moyen-Orient.


La Chine apparaît mieux armée qu’on ne le pense face aux chocs énergétiques liés aux tensions au Moyen-Orient. Selon le spécialiste des économies en Asie, Daniel Haber, Pékin a depuis longtemps diversifié ses sources d’approvisionnement, réduisant sa dépendance au pétrole du Golfe. Les principaux fournisseurs ne sont plus uniquement régionaux, et la Chine s’appuie sur un large éventail de partenaires, tout en constituant d’importantes réserves stratégiques.
Cette résilience repose également sur une transformation énergétique profonde. Entre le développement massif des énergies renouvelables, l’exploitation du charbon — dont elle possède les plus grandes réserves mondiales — et l’essor du nucléaire, la Chine a considérablement réduit sa vulnérabilité. La montée en puissance des véhicules électriques participe également à cette transition, limitant la pression sur les importations pétrolières.
Sur le plan commercial, les perturbations géopolitiques ne devraient pas affecter directement les exportations chinoises, estime Daniel Haber. Les routes maritimes alternatives, notamment via le contournement de l’Afrique, permettent de maintenir les flux, malgré un coût logistique accru. La Chine dispose en outre d’infrastructures de transport diversifiées, y compris terrestres, qui sécurisent ses échanges.
Le véritable risque est ailleurs : dans la demande mondiale. La hausse des tensions pourrait déclencher un ralentissement économique global, réduisant la consommation et, par ricochet, les exportations chinoises. Déjà, la croissance annoncée autour de 4 à 5 % masque des fragilités internes, avec une demande domestique en berne.
Enfin, sur le plan géopolitique, Pékin conserve une position pragmatique vis-à-vis de l’Iran. Si elle dispose d’un levier d’influence, notamment via ses achats de pétrole, la Chine hésite à exercer une pression directe, privilégiant une approche basée sur la souveraineté des États et l’équilibre stratégique face aux États-Unis.
Pour Daniel Haber, la Chine reste ainsi dans une logique de prudence : protéger ses intérêts économiques tout en évitant de s’engager dans des jeux d’influence trop coûteux.