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Courir pour ne pas oublier : le combat lumineux de Justine Decourselle contre l’antisémitisme
En parcourant 1 500 kilomètres de Drancy à Auschwitz, Justine Decourselle transforme l’effort physique en acte de mémoire, pour lutter contre l’antisémitisme et transmettre un message de tolérance.


Dans un monde où la mémoire vacille et où les haines ressurgissent, Justine Decourselle a choisi de répondre par un geste aussi simple que puissant : courir. Courir pour se souvenir, courir pour transmettre, courir pour alerter. Son défi est à la hauteur de son message : 1 500 kilomètres entre Drancy et Auschwitz, en 33 jours, sur les traces des convois de déportés.
Infirmière de profession, elle dit avoir été profondément marquée par la montée de l’antisémitisme, tant dans la société que sur les réseaux sociaux. Ce constat l’a poussée à agir, à sa manière : « apporter un message de tolérance, de s’accepter les uns les autres ». Mais son engagement dépasse la seule mémoire juive. Elle rappelle que la barbarie nazie a frappé bien au-delà : résistants, Roms, homosexuels, personnes handicapées — autant de vies brisées que son parcours entend aussi honorer.
Chaque jour, Justine parcourt plus de 50 kilomètres, soit davantage qu’un marathon, dans un effort physique extrême où le mental devient déterminant. « Quand c’est dur, je me rappelle pourquoi je cours », confie-t-elle. Et ce « pourquoi » résonne comme un fil conducteur : ne jamais laisser l’oubli s’installer.
Sur la route, elle rencontre des élèves, des enseignants, des élus, mais aussi des familles de victimes. Autant d’échanges qui nourrissent sa détermination. Malgré quelques messages haineux reçus en ligne, elle insiste : l’immense majorité du soutien est positive, portée par une volonté collective de préserver la mémoire.
Derrière l’effort solitaire se cache aussi une équipe : son compagnon, présent à chaque étape, assure la logistique et le soutien moral. Une présence essentielle dans cette traversée hors norme.
À l’heure où les tensions se multiplient, le parcours de Justine Decourselle rappelle que la mémoire n’est pas un acquis, mais un combat. Et que parfois, il faut courir très loin pour empêcher l’histoire de s’effacer.