- i24NEWS
- Vu sur i24NEWS
- CPI : une plainte palestinienne met le Hamas face à ses crimes contre les Gazaouis
CPI : une plainte palestinienne met le Hamas face à ses crimes contre les Gazaouis
Pour l’avocate Sarah Scialom, cette requête rare place la CPI face à un test de crédibilité : enquêter sur tous les crimes commis à Gaza, et pas seulement lorsque les auteurs présumés sont israéliens.


La démarche est rare et potentiellement lourde de conséquences. Les avocats d’un Palestinien de Gaza ont déposé une requête officielle auprès du procureur de la Cour pénale internationale, demandant l’ouverture d’une enquête contre 14 dirigeants du Hamas pour des crimes commis contre le peuple palestinien. À ce jour, rappelle l’intervention, la CPI n’a inculpé aucun responsable du Hamas pour des crimes visant directement des civils palestiniens, alors qu’elle a déjà ciblé des dirigeants israéliens et du Hamas pour des crimes commis contre les populations du camp adverse durant la guerre de Gaza.
Invitée à réagir, l’avocate Sarah Scialom estime que cette plainte pourrait briser un récit longtemps imposé : celui d’une unité palestinienne derrière la « résistance ». Selon elle, le plaignant est un opposant politique au Hamas qui a subi, avec sa famille, les exactions de l’organisation terroriste. Il aurait perdu plusieurs proches et dénonce des faits de torture, d’exécutions sommaires, mais aussi l’utilisation d’infrastructures civiles à des fins militaires.
L’un des points centraux de la requête concerne l’usage de maisons, y compris celle du plaignant, comme bases de lancement de roquettes ou caches d’armes. Pour Sarah Scialom, ces éléments sont essentiels car ils montrent que le Hamas utilise sa propre population comme bouclier humain, exposant délibérément les civils de Gaza aux conséquences de ses opérations militaires.
Au-delà du dossier palestinien, cette requête place la CPI face à un test de crédibilité. L’avocate rappelle que la Cour a affirmé sa compétence sur le territoire de Gaza. Si elle maintient cette ligne, estime-t-elle, le procureur doit enquêter sur l’ensemble des crimes commis dans la bande de Gaza, et pas uniquement lorsque les auteurs présumés sont israéliens.
L’enjeu est donc autant judiciaire que politique. Ignorer une telle plainte nourrirait les accusations de partialité contre la CPI. À l’inverse, l’examiner sérieusement ouvrirait un précédent majeur : celui d’une parole palestinienne accusant directement le Hamas de crimes contre les siens.