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Cyber-guerre : quand l’eau devient une cible stratégique
Guy-Philippe Goldstein met en garde contre la vulnérabilité des infrastructures hydriques face à des opérations étatiques.


L’eau, ressource vitale par excellence, pourrait-elle devenir une arme de guerre à l’ère numérique ? C’est la question centrale soulevée par Guy-Philippe Goldstein, qui alerte sur la vulnérabilité croissante des infrastructures hydriques face aux cyberattaques, dans un contexte de tensions entre Israël et l’Iran.
Selon l’expert, la menace est loin d’être théorique. Dès les années 2000, une attaque en Australie avait permis de perturber un système d’assainissement par intrusion informatique. Depuis, les tentatives se sont multipliées, notamment pour manipuler les niveaux de chlore dans l’eau potable ou perturber des barrages. « Potentiellement oui », affirme-t-il lorsqu’on l’interroge sur la possibilité d’une intoxication massive via un simple piratage, à condition que les systèmes soient insuffisamment sécurisés.
Goldstein rappelle que ces scénarios s’inscrivent dans une réflexion stratégique ancienne. Déjà dans les années 1990, des théoriciens militaires américains identifiaient les ressources essentielles — énergie, pétrole, mais aussi eau — comme des cibles prioritaires pour affaiblir un État. Aujourd’hui, la numérisation des réseaux rend ces infrastructures encore plus exposées, d’autant qu’elles sont souvent gérées localement et moins protégées que d’autres secteurs critiques.
Israël, déjà visé par des tentatives en 2020, a depuis renforcé ses défenses et dispose d’une avance technologique significative. À l’inverse, l’Iran possède des capacités cyber réelles, souvent liées à des structures étatiques ou para-étatiques, mais reste en deçà du niveau atteint par les États-Unis et Israël, notamment dans les opérations complexes visant des infrastructures stratégiques.
Pour Goldstein, ces attaques relèvent clairement du champ des États et non de groupes criminels, faute d’intérêt pour ces derniers dans des opérations à forte portée géopolitique. La bataille de l’eau s’inscrit ainsi dans une guerre invisible, où la cybersécurité devient un enjeu de souveraineté majeur.
Dans ce contexte, la protection des réseaux hydriques apparaît désormais comme une priorité stratégique, au même titre que l’énergie ou les télécommunications, face à des menaces capables de frapper au cœur même des sociétés.