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Dov Maïmon : "Israël ne se vide pas, mais doit retenir ses talents"
Israël ne fait face ni à une crise démographique ni à un exode massif, mais doit impérativement renforcer son attractivité et améliorer le coût de la vie pour retenir ses élites.


L'émigration des Israéliens est-elle le signe d'un profond malaise ou d'un phénomène amplifié par le contexte politique ? Invité sur i24NEWS, Dov Maïmon, directeur de recherche au Jewish People Policy Institute (JPPI), appelle à dépasser les discours alarmistes tout en reconnaissant les défis auxquels Israël est confronté.
Selon lui, l'idée d'un exode massif est largement exagérée, notamment dans un contexte de campagne électorale où certains responsables politiques cherchent à noircir le tableau. Si le nombre de départs a bien augmenté – passant d'environ 77 000 en 2022 à 86 000 en 2023 –, cette tendance avait débuté avant la guerre, dans le contexte des tensions liées à la réforme judiciaire.
Les études menées par le JPPI montrent également que le profil des personnes qui quittent Israël est très spécifique. Une majorité est issue de l'ex-Union soviétique et, parmi elles, une part importante n'est pas juive selon la halakha. Beaucoup étaient venus en Israël pour des raisons économiques ou d'opportunité et choisissent aujourd'hui de repartir. À l'inverse, les populations religieuses et ultra-orthodoxes sont très peu concernées par ce phénomène.
Dov Maïmon reconnaît toutefois une inquiétude majeure : le départ d'une partie des élites, notamment des universitaires, chercheurs et professionnels hautement qualifiés. Plus préoccupant encore, certains Israéliens partis à l'étranger pour un doctorat ou un post-doctorat hésitent désormais à rentrer, freinés par le coût de la vie et par une incertitude sur l'avenir du pays.
Pour autant, le chercheur refuse de parler d'une « fuite des cerveaux » irréversible. Selon lui, Israël continuera d'attirer de nouveaux talents grâce à l'aliyah, portée par un fort attachement au judaïsme et au sionisme. Il rappelle qu'au cours de la dernière année, 300 médecins ont immigré en Israël, compensant largement une partie des départs.
Sur le plan démographique, Dov Maïmon se montre rassurant. Avec près de 200 000 naissances par an et une population qui demeure à environ 80 % juive, Israël ne fait face à aucun risque existentiel.
En revanche, il estime indispensable que le prochain gouvernement s'attaque au coût de la vie, favorise la réconciliation après les divisions des dernières années et redonne confiance aux jeunes générations. « Israël restera fort, mais il doit offrir à ses citoyens des raisons de construire leur avenir dans leur propre pays », résume-t-il.