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Face aux menaces, Israël a fait de l’eau un atout stratégique
Au Moyen-Orient, l’eau n’est plus seulement une ressource vitale : elle devient une cible stratégique, au cœur des conflits modernes.


Dans un contexte de tensions régionales croissantes, la question de l’eau revient au premier plan, mais pas forcément sous la forme attendue. Pour Rony Sarfatti, ingénieur-expert en traitement de l’eau, il ne s’agit pas d’une « guerre de l’eau » au sens classique — c’est-à-dire une lutte pour s’approprier une ressource — mais d’une guerre où les infrastructures hydriques deviennent des cibles parmi d’autres. « On ne cherche pas à prendre l’eau du voisin, on cherche à détruire ses capacités », résume-t-il.
Dans cette logique, les installations de dessalement, les réseaux de distribution et les réserves sont considérés comme des éléments vitaux, au même titre que l’électricité ou les routes. Leur destruction vise à fragiliser directement les populations civiles et les économies. Cette vulnérabilité est particulièrement marquée dans les pays du Golfe, comme les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite ou le Qatar, qui dépendent à près de 98 % du dessalement pour leur approvisionnement en eau.
Face à ce risque, Israël apparaît comme un modèle de résilience. Confronté dès sa création à un déficit hydrique, le pays a développé une stratégie fondée sur la diversification des ressources (dessalement, nappes phréatiques, lac de Tibériade) et sur un réseau entièrement interconnecté. « L’eau peut circuler d’un point à un autre du pays sans difficulté », souligne Rony Sarfatti . Cette architecture permet d’absorber d’éventuels chocs en cas d’attaque ou de pollution d’une source.
Au-delà de sa sécurité interne, Israël s’impose également comme un acteur clé dans le domaine des technologies de l’eau. Son savoir-faire est déjà exporté dans la région, notamment vers la Jordanie et les Émirats. À terme, cette expertise pourrait même contribuer à stabiliser certaines zones, à condition que le contexte politique le permette.
Dans un Moyen-Orient où les ressources naturelles sont sous pression, l’eau n’est pas seulement un enjeu vital : elle devient un levier stratégique, au croisement des questions sécuritaires, économiques et géopolitiques.