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« Fauda », Waze et la high-tech : le soft power israélien plus fort que la diplomatie ?
Les séries israéliennes et les innovations technologiques du pays contribuent-elles davantage à son image à l’international que sa diplomatie officielle ?


Alors que les séries israéliennes rencontrent un succès grandissant dans le monde entier, y compris dans plusieurs pays du Moyen-Orient, la question de l’influence culturelle d’Israël revient au premier plan. Pour Myriam Azogui-Halbwax, directrice des missions en Israël du Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA), ce « soft power » constitue aujourd’hui un atout majeur pour l’image du pays à l’étranger.
Interrogée dans l’émission « Regards Croisés » sur i24NEWS, elle estime qu’Israël a longtemps accusé un retard dans ce domaine. Selon elle, l’État hébreu a consacré l’essentiel de ses ressources à sa sécurité et à la gestion du conflit régional, laissant de côté la bataille de l’image et du récit international.
« Pendant des années, Israël a été perçu uniquement à travers le prisme du conflit », explique-t-elle. « Or Israël, c’est aussi une société, une culture, une diversité humaine et une capacité d’innovation exceptionnelles. »
Pour Myriam Azogui-Halbwax, le succès international de productions comme « Fauda » ou d’autres séries israéliennes contribue à montrer une réalité plus nuancée du pays. Ces œuvres permettent à des millions de téléspectateurs de découvrir la société israélienne sous un angle différent de celui de l’actualité sécuritaire.
Elle souligne toutefois que cette influence culturelle ne relève pas d’une stratégie gouvernementale. La plupart de ces productions sont issues d’initiatives privées et bénéficient souvent de financements étrangers. « Ce ne sont pas des outils créés par l’État israélien », rappelle-t-elle.
Au-delà du secteur audiovisuel, la responsable du CIJA évoque également les nombreuses innovations technologiques développées en Israël et utilisées quotidiennement dans le monde entier. Elle cite notamment Waze, créé en Israël avant d’être racheté par Google, ainsi que d’autres innovations dont l’origine israélienne demeure largement méconnue du grand public.
Selon elle, Israël n’a pas suffisamment valorisé sa contribution à la technologie mondiale. « Beaucoup de personnes utilisent des innovations israéliennes sans savoir qu’elles ont été développées en Israël », observe-t-elle.
Myriam Azogui-Halbwax estime qu’il est désormais temps pour le pays de mieux raconter son histoire et de mettre davantage en avant les réussites de sa société civile, de ses entrepreneurs, de ses chercheurs et de ses créateurs.
Pour elle, l’image d’Israël à l’international ne se construit pas uniquement par la diplomatie classique, mais aussi par la culture, l’innovation et les échanges entre sociétés civiles. Des domaines qui constituent aujourd’hui l’un des principaux vecteurs d’influence du pays sur la scène mondiale.