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Frédéric Journès : "On peut être partenaires sans être toujours d'accord"
Au moment de quitter son poste d'ambassadeur de France en Israël, Frédéric Journès revient sur trois années hors du commun


Après trois années passées en Israël, dont la quasi-totalité sous l'ombre du 7 octobre et de la guerre, Frédéric Journès quitte ses fonctions d'ambassadeur avec un regard à la fois lucide et profondément attaché au pays.
Invité de La Grande Édition sur i24NEWS, le diplomate français confie retenir avant tout « la fierté d'avoir été là pour les Français quand ça n'allait pas bien », évoquant le soutien apporté aux familles d'otages, les évacuations de ressortissants et la mobilisation permanente des équipes consulaires.
Sur le plan politique, son constat est sans détour : « Évidemment qu'elle est mauvaise, la relation en ce moment. Elle n'est pas bonne du tout. » Il reconnaît des divergences majeures entre Paris et Jérusalem sur la conduite de la guerre à Gaza, la situation humanitaire, la colonisation, la Syrie ou encore le Liban.
Mais pour Frédéric Journès, ces désaccords ne doivent pas faire oublier l'essentiel. « On a aussi de vrais intérêts communs. Le nucléaire iranien, les missiles, les proxys… Recommençons à nous en parler. » Selon lui, la lutte contre le Hezbollah et le renforcement de l'armée libanaise constituent également des priorités partagées.
Interrogé sur les critiques adressées à la France, notamment après l'affaire Eurosatory, il défend la position de Paris tout en rappelant que « le reste du monde accuse au contraire la France d'avoir été trop gentille avec Israël ».
Malgré les tensions actuelles, l'ambassadeur sortant refuse toute fatalité. « Israël est un acteur trop important pour que la France n'entretienne pas une relation dense avec lui. On peut être partenaires sans être toujours d'accord. »
Son hommage le plus personnel conclut l'entretien : « J'ai aimé et j'aime toujours Israël. Les Israéliens sont comme les figues de Barbarie : piquants dehors, doux dedans. » Une déclaration qui résume l'attachement qu'il dit conserver envers le pays, malgré les épreuves traversées.