- i24NEWS
- Vu sur i24NEWS
- Gérard Zerbib : "Je ne peux plus parler de mon fils sans penser à tous les autres"
Gérard Zerbib : "Je ne peux plus parler de mon fils sans penser à tous les autres"
Ceux qui l’ont connu parlent d’un garçon lumineux, capable de faire rire, de rassembler, de redonner espoir.


À l’occasion de Yom Hazikaron, la voix de Gérard Zerbib porte bien au-delà de son histoire personnelle. Son fils, Johann Zerbib, est tombé lors de la deuxième guerre du Liban. Mais pour ce père, évoquer son nom, c’est désormais évoquer tous les autres. « Je ne peux plus parler de mon fils sans y associer tous ces soldats et toutes les victimes du terrorisme », confie-t-il, comme pour refuser que la douleur se vive isolément.
Chaque année, les frères d’armes de Johann se réunissent autour de sa tombe. Ils racontent, se souviennent, partagent les derniers instants. Pour Gérard Zerbib, ce moment est à la fois « difficile et réconfortant » : difficile par l’absence, irréparable ; réconfortant par l’unité d’un peuple qui se tient debout autour de ses disparus. « Tout un peuple se déplace », dit-il, soulignant la force de cette mémoire collective.
Johann, lui, était un jeune homme animé par un engagement profond. Parti en Israël à 18 ans par choix, il s’était construit dans l’amour du pays et des valeurs qu’il portait. Ceux qui l’ont connu parlent d’un garçon lumineux, capable de faire rire, de rassembler, de redonner espoir. « C’était celui vers qui on allait quand on avait un coup de blues », raconte son père.
Quelques jours avant sa mort, interrogé sur les risques du conflit, Johann avait répondu sans détour : « Je suis prêt à mourir pour ce pays ». Une phrase qui résonne aujourd’hui comme un testament.
Dans ce témoignage, la douleur ne disparaît pas, mais elle se transforme. Elle devient mémoire, transmission, identité. « Ne pas s’associer à tous ces autres, ce serait se mettre en marge d’une histoire commune », explique Gérard Zerbib.
Car au-delà du deuil individuel, c’est bien une histoire collective qui s’écrit — celle d’un peuple qui, malgré les pertes, continue de faire jaillir la vie.