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Iran–États-Unis : le risque d’un accord rapide plutôt qu’un accord solide (analyse)
Meïr Litvak alerte sur un danger majeur pour Israël : un accord conclu trop vite, au détriment de sa précision et de sa solidité stratégique.


Meïr Litvak, directeur du Centre Alliance pour les études iraniennes et professeur à l’Université de Tel Aviv, a livré une analyse sur la possible reprise des négociations entre les États-Unis et l’Iran, annoncée en Turquie.
Selon lui, l’Iran se trouve aujourd’hui dans une situation bien plus critique qu’en 2013. Asphyxié économiquement, isolé diplomatiquement et fragilisé intérieurement après des mouvements de protestation sévèrement réprimés, le régime redoute avant tout un engrenage militaire. Malgré une rhétorique régionale agressive et le soutien continu à ses proxys – du Hezbollah aux Houthis –, Téhéran n’aurait, selon Litvak, guère d’alternative crédible à un compromis sur le nucléaire afin d’obtenir un allègement des sanctions.
Mais l’optimisme reste mesuré. Car si les Américains souhaitent se concentrer prioritairement sur le dossier nucléaire, Israël, lui, demeure profondément inquiet du programme balistique iranien, jugé tout aussi menaçant. Deux dossiers distincts, complémentaires, mais difficilement conciliables autour d’une même table de négociation.
C’est surtout sur la méthode que l’analyse du professeur frappe juste. Face à un Donald Trump réputé impatient et avide de résultats rapides, Meïr Litvak pointe un danger majeur : celui d’un accord précipité, insuffisamment détaillé, qui permettrait à Téhéran de gagner du temps tout en affichant une victoire diplomatique. « Le plus grand risque pour Israël, ce n’est pas la lenteur iranienne, mais un mauvais accord conclu trop vite », avertit-il.
Quant à l’attitude d’Israël, Litvak plaide pour le réalisme stratégique. Pas de posture de rupture avec Washington, pas de logique du tout ou rien, mais une pression ciblée et pragmatique sur les points essentiels du nucléaire. Car, rappelle-t-il avec lucidité, « l’excellent est souvent l’ennemi du très bien ».