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Israël au cœur du corridor Inde–Europe accéléré par la crise d’Ormuz
Selon Ratnadeep Chakraborty, les tensions autour du détroit d’Ormuz agissent comme un accélérateur du corridor IMEC, destiné à relier l’Inde à l’Europe via le Moyen-Orient


Pour le journaliste indien Ratnadeep Chakraborty, la guerre en Iran et les tensions autour du détroit d’Ormuz ne freinent pas les ambitions commerciales régionales : elles les accélèrent. Selon lui, l’instabilité actuelle agit comme un révélateur des fragilités du système énergétique mondial, trop dépendant de ce point de passage stratégique. « Cette guerre expose la vulnérabilité du marché économique et énergétique mondial », explique-t-il, soulignant que « l’instabilité crée souvent l’urgence ».
Dans ce contexte, le projet de corridor Inde–Moyen-Orient–Europe (IMEC) apparaît plus pertinent que jamais. En combinant voies terrestres et maritimes, il ambitionne de relier des régions représentant près de 50 % de l’économie mondiale, tout en réduisant les coûts logistiques d’environ 30 %. « La crise actuelle montre la nécessité de diversifier les voies de communication », insiste Chakraborty, pour qui ce corridor pourrait devenir une alternative crédible aux routes traditionnelles.
Au cœur de cette recomposition, l’Iran risque de voir son influence relative diminuer. Aujourd’hui, Téhéran tire une part essentielle de son pouvoir de nuisance de sa position géographique, notamment via sa capacité à perturber le trafic dans le détroit d’Ormuz. « Si l’on parvient à contourner ce passage, l’Iran ne disparaîtra pas, mais sa capacité de pression sera nécessairement réduite », analyse-t-il. Une évolution qui pourrait profondément modifier les équilibres régionaux.
Dans ce nouvel échiquier, Israël apparaît comme un acteur clé potentiel. Situé à la jonction entre l’Europe et l’Asie, le pays dispose, selon Chakraborty, « de bases très solides » pour devenir un hub logistique majeur. Mais cette ambition reste conditionnée à des investissements massifs. « Israël peut devenir un nœud de transport, à condition de moderniser ses infrastructures », prévient-il, pointant les limites actuelles des réseaux portuaires et ferroviaires.
Au-delà du commerce, le corridor pourrait également ouvrir des perspectives dans les domaines de l’énergie et du numérique, renforçant l’attractivité de la région. À terme, cette redéfinition des routes commerciales pourrait marquer un tournant stratégique majeur, où la géopolitique des flux l’emporterait sur celle des détroits.