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Israël : "On est en plein poker" : les orthodoxes rebattent les cartes politiques
Le refus du Judaïsme unifié de la Torah de soutenir Benjamin Netanyahou bouleverse les équilibres politiques israéliens.


La décision du Judaïsme unifié de la Torah de ne pas recommander Benjamin Netanyahou pourrait redessiner les équilibres politiques israéliens. Invité ce jeudi soir dans La Grande Édition sur i24NEWS, Dov Maïmon, chercheur au JPPI, décrypte une stratégie bien plus calculée qu'il n'y paraît.
« On est en plein poker », résume-t-il. Selon lui, les partis orthodoxes ashkénazes cherchent à retrouver une liberté politique perdue depuis leur ralliement durable à la droite en 1996. Devenus des alliés presque automatiques du Likoud, ils auraient progressivement perdu leur pouvoir de négociation. Désormais, ils entendent redevenir des « faiseurs de roi », capables de monnayer leur soutien auprès des différents blocs.
Mais derrière ce repositionnement se cache une crise bien plus profonde : celle de la conscription militaire.
Après plus de trois années de guerre, la question du partage du fardeau s'est imposée au cœur du débat national. « Qui porte le fardeau ? », interroge Dov Maïmon, qui décrit une jeunesse ultra-orthodoxe tiraillée entre fidélité religieuse et exigences morales de la société israélienne.
Les rabbins ashkénazes redouteraient ainsi de perdre une partie de cette jeunesse, confrontée à des interrogations nouvelles sur son engagement collectif.
Benjamin Netanyahou se retrouverait, lui aussi, dans une impasse : accorder de nouvelles exemptions militaires aux étudiants des yéchivot serait difficilement acceptable pour une partie de son électorat.
Quant au bloc du changement, Dov Maïmon s'interroge sur sa cohésion réelle. Au-delà de leur opposition commune à Netanyahou, ses composantes partagent-elles véritablement un projet de société ?
Une chose est certaine dans son analyse : les orthodoxes ne veulent plus être les partenaires captifs d'un seul camp. Et cette nouvelle liberté pourrait peser lourd dans la formation du prochain gouvernement.