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"Le 'plus jamais ça' n’est plus qu’un slogan" : Anastasio Karababas dénonce "une mémoire trahie"
La mémoire de la Shoah, autrefois rempart moral, est aujourd’hui fragilisée par son instrumentalisation et la banalisation de l’antisémitisme.


L'historien et enseignant Anastasio Karababas a livré une analyse sur la mémoire de la Shoah et la montée inquiétante de l’antisémitisme à travers le monde. À ses yeux, la période actuelle impose plus que jamais un devoir de lucidité.
« Se souvenir est essentiel, vital, au sens moral », affirme-t-il, rappelant que la commémoration de la Shoah ne peut se limiter à un rituel annuel. Elle doit s’accompagner d’un véritable effort de transmission, notamment à l’école, afin d’éviter que l’histoire ne soit détournée ou instrumentalisée .
Car, selon lui, le constat est alarmant : depuis le 7 octobre, l’antisémitisme connaît une « explosion » et s’exprime désormais de manière décomplexée, notamment sur les réseaux sociaux. Plus grave encore, la Shoah elle-même est aujourd’hui « banalisée » et utilisée à des fins idéologiques. « On falsifie l’histoire, on l’insulte », déplore-t-il, pointant un glissement inquiétant où l’antisionisme sert parfois de paravent à un antisémitisme assumé .
Les chiffres qu’il avance donnent la mesure du phénomène : une hausse de plus de 500 % des actes antisémites en quelques années dans certains pays, des milliers d’incidents recensés en Europe et en Amérique du Nord, et une diffusion massive de stéréotypes antijuifs à l’échelle mondiale .
Face à cette réalité, Anastasio Karababas met en cause la responsabilité des dirigeants politiques. « Il ne suffit pas de commémorer, il faut agir », insiste-t-il, regrettant une réaction qu’il juge largement insuffisante, notamment en Europe.
Son constat culmine dans une remise en question brutale d’un principe longtemps considéré comme intangible : « Le “plus jamais ça”, malheureusement, ce n’est que du discours politique. » Une formule choc, qui résume une inquiétude profonde : celle de voir la mémoire perdre sa fonction de rempart, au moment même où les signaux d’alerte se multiplient.