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« Les armes israéliennes sont taboues à Paris » : l’ancien ambassadeur d’Israël en France dénonce Paris
Jérusalem dénonce un boycott politique après l’exclusion d’Israël d’Eurosatory, sur fond de tensions croissantes avec la France.


L’interdiction de participation officielle d’Israël au salon mondial de la défense et de la sécurité Eurosatory, prévu ce mois-ci à Paris, provoque une vive réaction à Jérusalem. Le ministère israélien de la Défense dénonce une décision « honteuse » qui s’inscrirait, selon lui, dans une tendance française à « se placer du mauvais côté de l’Histoire ».
Invité sur i24NEWS, l’ancien ambassadeur d’Israël en France, Avi Pazner, n’a pas mâché ses mots. Pour lui, il s’agit d’un « boycott » assumé et répété.
« Ça fait déjà la deuxième ou troisième fois que la France boycotte Israël lors d’Eurosatory », affirme-t-il, rappelant qu’Israël espérait pourtant participer à cette édition. Finalement, seules certaines entreprises pourraient être admises sous des conditions strictes, notamment avec des équipements considérés comme exclusivement défensifs.
Pour Avi Pazner, l’enjeu dépasse largement la dimension commerciale.
« Pour Israël, ce n’est pas une tragédie économique », souligne-t-il. Selon lui, les exportations israéliennes d’armement, de cybertechnologies et de haute technologie auraient fortement progressé depuis le début de la guerre, au point que l’industrie peine à répondre à la demande mondiale.
Mais l’ancien diplomate voit dans cette décision un message politique clair.
« Israël n’est pas le bienvenu en France. Les armes israéliennes sont taboues à Paris », déplore-t-il.
Avi Pazner accuse directement Emmanuel Macron d’adopter une ligne politique de plus en plus hostile à Israël, qu’il rapproche des positions défendues par Jean-Luc Mélenchon pendant les campagnes électorales.
« Un à un, Macron adopte ces positions », estime-t-il, évoquant notamment la reconnaissance d’un État palestinien et la mise à l’écart d’Israël dans certains forums internationaux.
Au-delà d’Eurosatory, l’ancien ambassadeur critique également la posture française sur le Liban. Selon lui, Paris continuerait d’aborder la crise libanaise à travers une lecture dépassée de son influence historique dans la région, alors que le Hezbollah demeure un acteur central du paysage politique et militaire libanais.
Ces déclarations interviennent alors que la diplomatie française tente parallèlement de renforcer son rôle dans les négociations régionales entre Israël, l’Iran et les États-Unis. Emmanuel Macron multiplie depuis plusieurs semaines les échanges avec Washington et les pays du Golfe afin de replacer Paris au cœur du jeu diplomatique moyen-oriental.
Dans ce contexte déjà tendu, l’affaire Eurosatory pourrait devenir un nouveau point de friction entre Paris et Jérusalem, alimentant davantage les critiques israéliennes sur la position française au Proche-Orient.