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Mahyar Monshipour : "Ce n’est pas une révolte économique, c’est le rejet total de la République islamique"
Invité de La Grande Édition, l’ancien champion du monde de boxe franco-iranien a dénoncé une répression sanglante et appelé la France et l’Europe à se placer « du bon côté de l’Histoire ».


Invité de La Grande Édition ce lundi soir, Mahyar Monshipour, ancien champion du monde de boxe franco-iranien, a livré une analyse sombre de la situation en Iran, dénonçant une répression d’une violence extrême et appelant la France et l’Europe à « ne pas rater l’Histoire ».
Selon lui, il est aujourd’hui « impossible d’obtenir des bilans fiables » des victimes de la répression, mais les témoignages et images qui circulent sont alarmants. « On voit des morgues à ciel ouvert, des familles contraintes de reconnaître les corps », affirme-t-il, évoquant la crainte de milliers de morts. Il rappelle que le régime, après avoir sous-estimé les premières semaines de mobilisation, a basculé dans une violence totale pour se maintenir au pouvoir. « Depuis 1979, l’Iran vit sous occupation des mollahs », martèle-t-il, comparant cette domination à une occupation étrangère.
Mahyar Monshipour insiste sur un point central : la contestation actuelle dépasse largement les revendications symboliques. « Ce n’est ni le hijab, ni une élection. Cette colère vient du ventre », explique-t-il. Pauvreté, absence de perspectives, jeunesse bloquée, familles brisées par la répression morale et sociale : selon lui, l’explosion est le résultat d’un système qui a confisqué l’avenir. Il décrit une société où des jeunes adultes ne peuvent ni se loger, ni fonder une famille, pendant que les proches du pouvoir vivent dans l’opulence grâce aux revenus pétroliers.
L’ancien champion réfute l’idée d’une simple colère sociale : « C’est un rejet global du régime ». Pieux ou athées, Iraniens de l’intérieur ou de la diaspora, tous aspirent selon lui à la fin de la République islamique et à l’avènement d’un régime présidentiel.
Enfin, Mahyar Monshipour interpelle directement la France. Il juge tardive la réaction d’Emmanuel Macron et appelle Paris à tirer les leçons de l’Histoire : « Après avoir accueilli Khomeiny, la France ne doit pas commettre une seconde erreur ». Comparant le moment actuel à 1989, il conclut : « Ce n’est pas le mur de Berlin, c’est le mur de Téhéran qui doit tomber », tout en redoutant une répression sanglante face à des manifestants seulement « armés de pierres ».